( 11 mars, 2013 )

chapitre 12

Chapitre 12

 

Les enfants et le cheval arrivèrent bientôt à un croisement. Bien sûr dans ce lieu magique, nuls panneaux d’indication existait. Liberty décida alors avec l’accord de ses camarades, de choisir au hasard en utilisant un « plouf plouf » de son enfance. Le doigt pointé sur le premier chemin, elle commença la chansonnette :

-Plouf, plouf, ce sera toi qui sera choisi entre les  deux chemins, Am-Stram-gram.

Le doigt indiqua le sentier de gauche qui était à moitié caché par des espèces de fougères géantes de couleur grise.

Les amis s’engouffrèrent à l’intérieur accompagnés de la licorne.

Il leur était difficile de progresser  sur la piste à cause d’obstacles divers et variés. Sans cesse, ils étaient obligés de pousser des feuilles de plantes ou de fleurs qu’ils ne connaissaient pas et qui leur barraient le passage.

-         Ce n’est pas possible, on ne va jamais y arriver si c’est comme ça tout le long. Espérons que ce ne soit pas trop loin, s’inquiéta Liberty, qui était en train d’esquiver une feuille lâchée par Devil devant lui.

-         Mais si, voyons, ne sois pas pessimiste comme cela, se voulut rassurant Sauveur. Il n’ y a pas de raison qu’on n’y arrive pas, à condition bien sur d’avoir pris le bon chemin.

-         C’est clair, reprit Devil ironiquement. Ca serait ballot d’avoir fait tout ça pour rien quand même.

Arrivé à une sorte de petite prairie où de magnifiques fleurs géantes de couleur rouges coexistaient avec d’autres plantes minuscules multicolores, Equélius parut soudain agité, il bougeait dans tous les sens. Le coin semblait pourtant très calme, aucun bruit ne venait déranger la quiétude de l’endroit. Les enfants se regardèrent mutuellement pour savoir si  quelqu’un avait la réponse à ce comportement énigmatique.

- Que se passe-t-il mon ami, prononça Devil en caressant la crinière du cheval pour tâcher de le calmer.

-         Vous ne trouvez pas que l’endroit est trop silencieux ? avança Equelius qui cherchait machinalement un endroit pour se cacher. D’habitude on entend des bruits de la nature : cris d’animaux, l’eau d’une rivière au loin qui s’écoule, et là rien du tout. C’est TROP calme au contraire. Quelque chose n’est pas normal par ici, je le pressens.

-         C’est vrai, confirma Liberty en tendant l’oreille, c’est bizarre. Ceci dit, il y a l’air d’avoir nul danger. Tâchons d’avancer en restant sur nos gardes au maximum, on ne sait jamais.

-         Je vais passer en premier, lança Sauveur dont le seul but était d’épater la jeune fille et peut-être obtenir d’elle des faveurs.

Il se plaça d’emblée devant le groupe et  incarna une figure protectrice.

-         Encore une fois, pourquoi toi ? grommela  Devil  renfrogné en croisant les bras. Pour une fois, ca va changer, il n’ y a pas de raisons.

Et sans qu’aucun des personnages ne puisse réagir, il se retrouva dans le milieu de la prairie.

-         Vous voyez,  il n’ y a rien à ….

Mais avant qu’il ne termine sa phrase, une des grosses fleurs rouges se pencha sur le jeune avec une rapidité déconcertante et le goba littéralement. Personne n’avait réagi médusé par la rapidité de l’action.

-         Je le savais, je le savais, criait Equélius hystérique presque réjoui d’avoir eu raison  en annonçant quelques minutes auparavant son présage.

-          Mon dieu, il faut agir vite, hurla sévèrement Sauveur à ses deux compagnons faisant comprendre par la même à Equelius que la joie éprouvée par l’animal juste avant n’avait pas sa place en l’instant. Il faut trouver quelque chose de coupant afin de sectionner sa tige. Je pense que ca la fera mourir et ainsi qu’on pourra récupérer Sauveur.

-         Oui, mais comment faire ? Tu as vu que dès que l’on s’approche, elle essaie de nous manger, lança Liberty.

-         Tu as raison, on va trouver une solution. Pour l’instant, cherchons quelque chose qui puisse faire office de ciseaux, d’épée, ou de hache.

Tous se mirent à chercher en se pressant de peur que leur camarade enfermé au sein de la fleur ne succombe. Equélius s’envola pour regarder si par hasard dans les arbres, il ne remarquerait pas de branches à l’embout pointu et coupant. Les deux autres fouinaient à terre pour voir s’ils ne découvraient  pas une pierre qui trancherait la plante d’un coup. Au bout de quelques minutes seulement, Liberty cria toute excitée:

-         C’est bon, je pense en avoir une qui pourrait être utilisée.

Elle montra la trouvaille à ses autres compagnons qui confirmèrent qu’elle servirait sans aucun doute à leur plan.

-         Maintenant, il nous faut découvrir très très rapidement comment s’approcher de la plante sans qu’elle ne nous mange car le temps nous est compté,  dit Sauveur.

-         Sur ce coup, je pense pouvoir servir à quelque chose, répondit la licorne qui exposa son plan. Mon objectif est de voler au-dessus d’elle, mais pas trop près non plus, pour attirer au maximum son attention sur moi. Il faudra alors dans le même temps que l’un de vous deux courent le plus rapidement possible pour utiliser la pierre et libérer votre camarade. Je sais que ce plan est risqué mais je n’ai rien d’autres pour le moment.

-         Ca me parait être une très bonne idée, commenta Sauveur. Il est clair Liberty que ce sera moi qui courrait en attendant qu’Equélius  attire l’attention de la fleur sur lui.

-         OK, fit Liberty qui comprit qu’elle n’avait de toute façon pas le choix dans sa réponse.

-         A trois on commence, d’accord Equélius ? glissa Sauveur à son partenaire improvisé. Un, deux trois,  go !

La licorne s’envola vers l’ennemi floral qui se trouvait à peu près à cinquante mètres de lui. Elle s’approcha tout doucement de lui tout en gardant une distance raisonnable afin de ne pas, elle non plus, succomber. Pendant ce temps et dès que Sauveur remarqua que l’attention de la fleur était accaparée complètement par Equélius, il se faufila alors tout doucement près de la tige prêt à la trancher. En marchant précautionneusement, il ne put cependant éviter une branche sèche, de couleur bleue qui trainait. Cette dernière se cassa sous un de ses pieds en faisant un bruit sec. Sauveur releva la tête prestement et observa alors tout de suite le comportement de la fleur de peur que celle-ci ne le remarque. Heureusement pour lui, il n’y avait pas eu d’incidence, la fleur, a priori,  n’ayant pas d’oreilles pour l’entendre. Cette dernière essayait en vain de chasser Equélius qui l’avait provoqué dans les airs. Le cheval se rapprochait parfois dangereusement  de la plante pour accaparer son attention. Un seul faux pas de sa part et lui aussi, pouvait être gobé par la carnivore. Il continua tout doucement son chemin, il ne manquait plus que quelques mètres seulement. Tout à coup, il vit la fleur changer d’attitude. Elle avait compris qu’elle ne pourrait jamais avoir la chose volante et s’était lassée de sa proie. Elle baissa alors sa tige et son réceptacle et remarqua Sauveur. Elle était prête à se jeter sur lui, quand tout à coup, le cheval ailé fit exprès de s’approcher au plus près de ses pétales jusqu’à les toucher. La fleur, en furie, se redressa d’un coup et   se remit alors à vouloir chasser celui qui avait osé toucher sa corolle. Elle s’allongea au maximum de sa tige et toucha le cheval à une aile. Equélius se voyant en danger s’éloigna alors promptement de la fleur et essaya d’atterrir le plus doucement possible malgré la blessure.

Pendant ce temps, Sauveur en profita  pour s’avancer rapidement de la tige et la trancha d’un coup sec, ne laissant pas à la fleur la possibilité de faire son ultime repas.

Liberty, qui avait regardé avec anxiété toute la scène derrière un buisson à feuilles grisâtres remplis  de grosses  cloques jaunes,  bondit vers Sauveur  tout en espérant que Devil était toujours en vie à l’intérieur de la fleur. Le cheval, quant à lui, se léchait la  plaie qui le faisait souffrir.

Les deux jeunes se mirent à enlever les pétales un à un pour essayer de trouver leur compagnon. Devil était en position fœtale et dormait. Le groupe comprit alors que l’espèce de liquide  qui entourait leur compagnon devait être un anesthésiant puissant. Ils positionnèrent alors leur ami de côté, rassurés de le voir vivant et pressaient qu’il se réveille pour reprendre la route.

 

 

 

 

 

 

Ce fut à l’ombre d’un grand arbre de forme rectangulaire aux feuilles marron que Devil reprit peu à peu ses esprits. Il ouvrit tout doucement les yeux et vit ses deux amis et le cheval le regarder en souriant.

-Que…Que s’est il passé ? chuchota t-il ?

-Presque rien, plaisanta Sauveur. Tu t’es juste fait avaler par une fleur.

-Ha bon ? prononça le jeune homme encore sous l’effet de l’anesthésiant.

Il essaya de se relever et s’aida de l’épaule de Liberty pour tenir debout et ne pas perdre l’équilibre.

-         Si tu veux Equilius peut te prendre sur sa croupe en attendant que tu récupères. Ca nous permettrait d’avancer également, proposa son ami. Par contre, il s’est lui-même blessé à une aile en te sauvant. Pour l’instant, il ne peut pas l’utiliser pour s’envoler. J’ai essayé de lui mettre le même produit avec lequel j’avais enduit la peau de Liberty mais ça ne semble pas faire beaucoup d’effet pour le moment. Je pense qu’il va falloir patienter quelques jours.

-         Je suis d’accord si Equelius n’est pas trop fatigué.

-         Non, ne t’en fais pas ça devrait aller mais surtout ne touche pas à la partie blessée.

-         Je ferai attention, répondit le garçon.

Il monta alors en califourchon sur le cheval qui se baissa pour ne pas faire faire d’efforts à Devil.

Les enfants regardaient les yeux pleins de surprises et d’émerveillement le paysage qu’il découvrait au fur et à mesure qu’ils avançaient. Parfois, ils croisaient des animaux particuliers. Certains avaient un corps de chèvre hormis la peau qui ressemblait à celle de crocodile. D’autres rampaient comme un serpent mais pouvaient déployer  des ailes en cas de danger. Tout dans ce monde leur paraissait étrange. Même la terre sur laquelle ils marchaient, était tantôt dure tantôt avait la particularité de faire rebondir. Parfois, comme des sables mouvants, elle ne supportait pas le poids de la personne et provoquait un enfoncement  de cette dernière. Ce qu’ils ne voyaient pas c’était cette étrange petite mouche avec six ailes transparentes qui les observait avec ses six yeux rouges globuleux. L’insecte se mit tout doucement à disparaître du paysage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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