( 5 mars, 2013 )

chapitre 9

Chapitre 9

 

 

 

Le jour commençait à se lever et personne ne s’était rendormi depuis l’apparition de Equelius. Devil décida de prendre le reste de repas mais n’avait aucune idée de comment les porter. Il ronchonnait malgré lui tout en essayant différentes possibilités de maintenir les différentes vivres mais à chaque fois, le résultat était le même et la nourriture tombait à terre.

-C’est pas vrai ça, maugréa t-il. Je n’arriverai jamais à porter tout ça sans un sac.

-Je pourrai peut-être pour la première fois me servir de la baguette magique pour créer une besace, intervint Liberty.

-Oui, ça serait une très bonne idée, avoua Devil d’un ton enjoué. Tu es sure de savoir t’en servir ?

-Normalement, oui, mentionna la jeune fille. Ce qui m’embête un peu c’est que je ne peux l’utiliser que cinq fois. Ne croyez vous pas que c’est un peu bête de l’utiliser pour un vulgaire sac ?

-Mais non. Est-ce que l’un de nous sait en  fabriquer un  ici ? Je ne pense pas. Donc, utiliser un sort pour quelque chose d’indispensable ne me paraît pas inutile, commenta Devil.

Liberty hocha la tête et prit la baguette dans la main. Elle fit un mouvement en avant avec son poignet tout en marmonnant quelque chose d’inaudible pour les autres. Les enfants et le cheval virent alors apparaître un sac qui faisait au moins trois mètres de haut.

-Je crois que j’ai oublié quelque chose commenta Liberty.

-Je crois en effet, se moqua Sauveur.

-Pas le droit de ricaner, lâcha la jeune fille vexée tout en reprenant le même mouvement qu’auparavant.

De nouveau, elle dit les choses de façon à ce qu’on ne l’entende pas.

L’objet se mit  à rapetisser pour avoir la taille d’une musette tout à fait normale.

-Alors, hein, tu vois bien que j’ai réussi s’écria Liberty.

-Je dois bien avouer que tu as tout mon respect sur ce coup là, agréa Devil.

-Par contre, deux sorts ont été utilisés du coup. Il ne restera plus que trois autres sorts. Il faut vraiment utiliser cette baguette qu’en dernière possibilité, indiqua Liberty.

-Je suis tout à fait d’accord avec toi, confirma Devil. Il faut que nous gardions les deux derniers sorts que si nous avons vraiment besoin.

Liberty était contente, elle avait l’impression de retrouver son ami de toujours et non l’espèce  d’être méchant être qu’elle avait pu entrevoir lors de la rencontre avec la fée. Elle se dit qu’elle lui parlerait de l’incident qui s’était passé en tête à tête.

-Tout le monde est prêt ? lança Sauveur. Je peux prendre le sac si tu veux Devil. Il doit être un peu lourd avec toutes les choses qu’on emporte.

-Non, je pense que ça ira pour le moment, je te remercie, lui répondit Devil d’un ton sincère. Si je sens que je fatigue, je te le redonnerai. Au fait, j’ai repris avec nous la petite fleur lampe avec nous. Elle peut nous être utile.

- Sa luminosité n’a qu’une durée limitée, annonça Equelius. Tu peux toujours la prendre mais je ne suis pas sûre que d’ici ce soir elle pourra encore servir. Au pire, nous en reprendrons une en chemin. C’est une plante qui est assez courante par chez nous. Je connais quelques petits trucs sur les fleurs et certains effets qu’elles peuvent produire. Je vous en ferai part quand nous en croiserons, enfin si nous en croisons car certaines d’entre elles sont extrêmement rares et forcement très recherchées par les magiciens.

-Les magiciens ? s’enquit Sauveur amusé. Cela n’existe que dans les jeux de rôles ou sur scène avec des tours d’illusion préparés.

-Oh que non hélàs, poursuivit Equélius. Je ne sais pas ce dont tu parles quand tu dis qu’ils préparent leur tour. Ici, ce sont de vrais sorciers  qui sont capables de beaucoup de choses, de bonnes comme de mauvaises. Ils sont très puissants et également très craints. On dit que certains se sont alliés avec Bousemat mais on n’a jamais pu le prouver. En ce moment, tous les peuples ou presque sont partagés entre le mal et le bien. Certains préfèrent s’allier aux forces du mal de peur d’être anéantis, d’autres au contraire luttent pour que le mal ne se propage pas. Il faut vraiment se méfier.

- Merci de tes conseils, Equelius confia Liberty. Je pense que t’avoir dans notre équipe est une vraie bénédiction. Je crois que nous pouvons y aller.

Les compagnons hochèrent la tête de haut en bas.

 

 

Cela faisait maintenant une heure ou deux  qu’ils marchaient dans des herbes plus ou moins hautes. La nature était prolifique. Les adolescents pouvaient voir des arbres aux couleurs or et argenté mais aussi des plantes de toutes les couleurs semblables à des arcs en ciel. Ils avaient croisé plusieurs fois de drôles de petits animaux. Certains ressemblaient presque à des lapins sauf que ces derniers se tenaient debout sur deux pattes, d’autres pouvaient s’apparenter à des biches mais là encore des différences existaient. Il leur suffisait de voir les poils très longs et la crinière de la bestiole qui était d’un rouge clair pour confirmer qu’il s’agissait d’une espèce qu’il ne connaissait pas. Parfois également, ils n’entendaient que des bruits ou des murmures mais ne voyaient pas de quoi  il s’agissait. A force d’avancer, Ils commençaient tous à fatiguer. Plusieurs fois, Equelius s’était proposé de porter deux d’entre eux en même temps pour que les enfants puissent se reposer un peu mais ils avaient refusé en lui disant qu’ils auraient certainement besoin de lui  pour autre chose très prochainement. Le soleil dans le ciel était presque au zénith et il faisait une chaleur pesante et cuisante. La gourde qu’avait remplie Sauveur à la cascade où le poisson lui avait parlé, était presque vide.

-Il faut se trouver une source d’eau lança épuisée Liberty, sinon nous n’arriverons pas au bout de ce que nous voulons faire. Nous mourrons avant de déshydratation. Equélius, dit –elle en observant la carte que lui avait remis Édeline, peux tu t’envoler et voir si en effet, il n’ y a pas l’étang dont parlaitLa Reineun peu plus loin s’il te plait ?  A priori, on pourra boire là-bas et remplir la gourde. On ne devrait plus en être très loin.

-Pourquoi ne pas utiliser la baguette ? lança Sauveur épuisé. Nous pourrions demander de l’eau.

-Nous nous sommes mis d’accord, rappela Liberty exténuée. Si nous pouvons éviter de l’utiliser, nous le ferons. Vas-y  Equélius, nous t’attendons.

Les trois amis s’assirent à terre en regardant s’envoler le magnifique cheval dans les airs. Cinq minutes après, Equélius revint avec de bonnes nouvelles.

-Il y a en effet l’étang noir à cinq minutes à pieds. L’eau est brunâtre mais a priori potable car j’ai vu des espèces de poissons sauter hors de l’eau. Je pense que nous pourrons nous baigner et nous reposer. Nous pourrons même nous restaurer un peu avant de reprendre notre route.

-Ok, allons-y alors reprit Sauveur. Conduis-nous à cet endroit de pur bonheur où nous pourrons enfin boire Equélius.

Tout le monde suivit à la queue leu leu  le cheval ailé, pressés de pouvoir enfin se rafraîchir. Cinq minutes après, ils virent un étang qui n’était pas bien grand mais dont l’eau  était d’une couleur non avenante. Devil commença à courir pour rentrer dans l’eau mais Sauveur le retint par les vêtements.

-Mais, qu’est ce que tu fais,bon sang ? cria Devil très en colère.

- Je suis les conseils de Édeline. Elle nous a dit de nous méfier de tout.

Ils regardèrent tous un instant l’étang mais rien ne sembla signaler un danger quelconque.

- A priori, ca n’a pas l’air d’être dangereux dans le coin, signala Devil. Je pense que nous pouvons y aller.

Il s’avança dans l’eau.

-Que ça fait du bien, bon sang, s’écria t-il. Venez donc vous n’avez rien à craindre. Regardez, il ne m’arrive …..

Tout à coup, sous les yeux médusés de ses amis ainsi que d’Equélius, Devil disparut d’un seul coup. Il ressortit la tête un bref instant en appelant à l’aide. En même temps, les trois amis virent la tête d’une magnifique jeune fille aux cheveux couleur d’or qui les fixait et leur souriait.

- Bon sang, c’est une ondine. Elle va entrainer Devil dans le fond de l’eau, hurla  Liberty paniquée. Il faut qu’on trouve quelque chose vite. Equélius, vole au dessus de lui pour voir si tu peux attraper un de ses bras, Sauveur, regarde si nous n’avons pas des choses brillantes dans le sac que nous pourrions lui donner en offrandes. Dépêchons nous bon sang, il ne survivra pas longtemps.

Sur ce, Equélius pris son envol et tout en restant à bonne distance de l’eau surveilla la moindre apparition d’un bras ou d’une jambe de Devil qu’il pourrait attraper. Sauveur était en panique totale vidant les objets qui se trouvaient dans le sac dans tous les sens.

-Je ne trouve rien ne cessait il de répéter en proie à l’effroi.

Liberty regardait impuissante ce qui était en train de se passer. Elle avait l’impression d’un mauvais film fantaisy. Tout à coup, elle entendit un cri terrible qui provenait de l’eau. C’était un cri inhumain qui glaçait le sang. Au même moment, Devil réapparut nageant à toute vitesse pour retrouver la terre ferme. Equélius s’élança vers lui.

-Attrape ma crinière, je vais te sortir de là s’écria t-il.

Devil ne se le fit pas dire deux fois et il empoigna les poils de l’animal. L’ondine ne dit pas son dernier mot pour autant. Elle attrapa la cheville du garçon qui commençait à s’élever dans les airs. Elle tirait  tellement fort que le jeune homme recommençait à redescendre dans les eaux brunâtres. Un autre cri se fit entendre. C’était l’ondine qui luttait avec quelque chose dans l’eau. La chose en question força la créature à lâcher sa prise. Equélius  en profita pour tirer d’un coup Devil hors de l’eau et  le transporta hors du danger. Il le posa sur la terre ferme à côté de ses amis.

Le jeune garçon se mit à pleurer doucement.

-Je ne l’ai pas vu arriver, sanglotait il. Quand je l’ai aperçue, c’était trop tard, je ne pouvais plus rien faire. J’étais comme paralysé par sa beauté. Quelque chose est intervenue pour me sauver. Je ne sais pas quoi. Tout s’est passé si vite.

Liberty mit son bras autour de son épaule pour le consoler et le rassurer. Equelius regardait également Devil. Quant à Sauveur, il se demanda qui avait pu sauver son ami. Il crut voir au loin un petit être difforme sourire.

- Le mieux est que tu te reposes, lui signifia Sauveur. Nous allons essayer de chercher des fruits qui pourraient nous couper un peu la soif. Equelius nous aidera dans notre recherche car il connaît pas mal de plantes et de fruits. Tu es d’accord ?

-Oui sans problème, agréa le cheval. J’ai cru voir tout à l’heure en survolant le paysage quelques arbres avec des fruits réputés pour être  juteux .

-Liberty, reste avec lui au cas où, ordonna Sauveur. Nous revenons le plus vite possible. Repose toi mon pote. Tu nous as fait une grande frayeur en tout cas le taquina t-il tout en lui donnant un petit coup de poing sur la joue.

- Je m’en serais bien passé siffla Devil encore sous le coup  de l’angoisse.

-Allons-y Equélius, annonça Sauveur. Euh tu peux me prendre sur ton dos pour une fois, dis ?

-Allez, demande acceptée, sourit le cheval.

Sauveur grimpa sur lui  en le  tenant fermement par la crinière. Il émit un petit cri de surprise et de plaisir confondus  quand il s’envola dans les airs. Pour la première fois de sa vie, il avait l’impression d’avoir des ailes et de planer tel un oiseau.

 

 

 

 

 

 

 

Pas de commentaires à “ chapitre 9 ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|