( 5 mars, 2013 )

chapitre 8

Chapitre 8

 

Après cet incident, Édeline avait demandé aux jeunes d’oublier ce qu’il venait de se passer et surtout de se tenir souder pour pouvoir affronter les épreuves qu’ils allaient rencontrer. Elle avait donné une petite carte faite de manière très succincte de l’endroit où ils se trouvaient actuellement et d’où ils devaient se rendre. Plusieurs contrées étaient indiquées dont « le lac des abysses » et « la forêt des bois hurlants ». Elle lui avait également remis une petite baguette magique taillée dans un bois blanc qu’elle avait fait grandir grâce encore une fois à une de ses formules magiques puis l’avait remise à Liberty. Elle avait également pris la jeune fille à part pour lui expliquer comment s’en servir en lui mentionnant bien qu’elle ne pourrait l’utiliser que cinq fois. Puis, elle avait demandé à certaines fées de ramener quelques agapes afin que les adolescents se restaurent un peu. Une sorte de fleur très bleue leur fut remise qui produisait une magnifique lumière tamisée. Cette plante se nommait luminesia. Cet éclairage leur donnait une impression de douceur. La fleur expulsait en même temps un parfum agréable, mélange de vanille et de jasmin qui permettait de s’évader par la pensée et se trouver dans des endroits tropicaux aux milles senteurs. Une fois quela Reines’aperçut qu’il ne manquait rien à ses hôtes, elle leur préconisa un bon repos dans la cabane. Elle les avertit qu’elle les retrouverait le lendemain matin avec une carte qui leur montrerait quel chemin emprunter pour gagner les différents lieux puis pour arriver à la grotte de Bousemat.

Une fois partie, les  trois amis se mirent à discuter devant la cabane avant d’aller se coucher. Devil se mit à maugréer.

- Vous vous rendez compte de ce qu’on va devoir accomplir ? On se croirait dans un mauvais jeu de rôle. Au fait, que t’a-t-elle dit par rapport au fonctionnement de cette « magnifique baguette » ? ironisa t-il.

-Elle a bien insisté annonça Liberty que je ne devais pas vous en parler. J’ai promis que je ne le ferais pas et elle m’a touché pour savoir si j’étais sincère ou non. Ce fût le cas. Ne vous en faites pas en tout cas, cette baguette est là pour nous protéger. On ne peut  faire que des actions bénéfiques avec. C’est tout ce que je puis vous dire.

- Alors, est ce que si quelqu’un nous attaque par exemple, cette baguette servira ? s’enquit Sauveur.

-Normalement non, expliqua Liberty. Elle n’est pas là pour faire du mal mais pour nous dépanner.

-Eh bien, elle va nous servir à beaucoup de choses surtout si on rencontre des monstres assoiffés de sang. C’est vraiment du n’importe quoi fulmina Devil.

La jeune fille avait du mal à reconnaître l’ami si doux et si tendre qu’elle connaissait depuis si longtemps. Elle avait l’impression qu’il avait totalement changé de personnalité. Lui qui n’osait en général jamais hausser la voix, n’arrêter pas de rouspéter pour un rien ou encore de s’opposer à des créatures fantastiques. Elle ne comprenait pas du tout ce qu’il se passait. Peut-être l’inquiétude prenait le pas sur son caractère jovial et rendait son ami agressif. Elle voulut en parler à Sauveur pour savoir si lui aussi avait noté ce changement.

- Sauveur, tu veux bien qu’on aille arranger notre coucher dans la cabane ?

La jeune fille espérait du fond du cœur qu’il dirait oui sans chercher à comprendre et que Devil ne les accompagnerait pas.

-Si tu veux, fit le jeune homme qui se releva prestement et se dirigea vers l’intérieur de la petite maison pour rejoindre Liberty.

- Vous n’avez pas besoin de moi ? voulut s’assurer Devil avec un brin de jalousie dans la voix.

-Non, non rétorqua Liberty. Tu peux finir de manger tranquille. Profite.

Liberty rentra également dans la cabane et murmura à l’oreille de Sauveur.

-Tu ne trouves pas que Devil a changé ? demanda t-elle inquiète à son ami.

-Oui, c’est vrai, je suis d’accord avec toi. D’habitude, il est cool, ne cherche pas les histoires et ne tient pas tête comme ça. Je suis vraiment très étonné chuchota Sauveur. Je me demande ce qui a bien pu lui arriver.  Essaye de te rappeler ce que vous avez fait. N’y a-t-il pas quelque chose qui aurait pu expliquer ce changement si soudain ?

Liberty réfléchit un petit moment et se remémorant la journée qu’ils venaient de passer, elle annonça en murmurant de façon triomphante.

-Un truc pourrait expliquer ce qu’il vient de se passer. Je me souviens que, lorsque nous avons gouté les fruits, Devil avait pris un fruit d’aspect très appétissant mais avec une saveur à le faire vomir. Quand je lui ai demandé s’il avait tout recraché, il m’a dit qu’il pensait avoir avalé un peu de jus. Est-ce que cela pourrait influencer son caractère ?

-Qui sait, reconnut Sauveur. Nous sommes dans un univers où nous ne connaissons rien.

-Bon, alors ? se plaignit Devil à l’extérieur. Vous êtes en train de nous confectionner des couettes et des couvertures ? ou faire autre chose ?

Les deux amis à l’intérieur de la cabane savaient bien ce que signifiait le « autre chose ». A cette pensée, ils se regardèrent en rougissant.

-Non, non, tu peux rentrer, lança joyeusement Liberty. Tout est prêt.

Devil apparut le visage fermé dans l’encadrure de la porte. Il les regarda froidement tous les deux et dit d’un ton ne tolérant aucune réplique.

-Lili, tu dormiras entre nous deux, comme ça pas de jaloux.

Les deux amis fixèrent leur copain et oscillèrent la tête pour dire oui.

Une fois allongés, Devil lança une bonne nuit auquel répondirent les deux adolescents  avant de s’endormir profondément.

 

 

Pendant la nuit, Liberty fut réveillée par des bruits étranges. Le son était étouffé et ressemblait à quelqu’un ou quelque chose qui mangeait. Elle essaya de distinguer ses camarades dans le noir mais y arriva à peine. Elle ne savait pas quoi faire. Devait-elle les réveiller ou regarder discrètement ce qui se passait à l’extérieur de la cabane. Les bruits continuaient et semblaient proches. Malgré la peur, elle prit la décision de s’avancer et jeta un coup d’œil furtif. La fleur bleue éclairait encore le lieu où ils se trouvaient tout à l’heure pour se restaurer. Elle regarda  l’animal qui se trouvait de dos et qui semblait manger le reste de leur repas. Elle sortit sur la pointe des pieds et vit que c’était en fait un magnifique cheval blanc. Il avait une crinière magnifique qui lui descendait jusqu’à la moitié du poitrail. Sa queue était blanche également et d’une longueur incroyable. Il lui sembla que cette dernière lui arrivait presqu’aux pattes arrières. Elle n’avait jamais vu une monture aussi impressionnante avec un tel charisme. Elle se rapprocha doucement de la bête. Au moment où elle allait la toucher, le cheval déploya de magnifiques ailes et s’envola un peu plus loin. Liberty resta bouche-bée. Elle ne s’attendait pas du tout à voir un tel mouvement de la part d’un équidé. Elle se rappela alors de ses nombreuses lectures sur les animaux mythologiques. Ce cheval lui faisait étrangement penser à un pégase. Dans la mythologie, elle se souvenait que ce dernier avait  fait jaillir une source qui était devenue une mine d’inspiration poétique pour les hommes. Liberty tacha de l’appeler  en murmurant, pour d’une part, ne pas l’effrayer et d’autre part, ne pas réveiller ses compagnons.

-Viens me voir, je ne te ferai pas de mal.

Le cheval gratta de son sabot, secoua la tête de haut en bas faisant bouger sa magnifique crinière.

-Viens me voir mon beau, répéta t-elle en avançant la main.

La bête recula tout en  observant les mouvements de Liberty. La jeune fille pensa d’un coup à quelque chose. Se mettant à réfléchir à voix haute, elle murmura.

- Si vraiment tu es l’animal qui a fait naître l’inspiration poétique, peut-être faut il faire des vers pour t’appeler et te toucher.

Elle refit le même geste que précédemment. Elle s’avança tout en mettant sa main en avant pour toucher la bête.

- Tu peux t’approcher, jamais de mal je ne te ferai.

L’animal à sa grande surprise, se rapprocha et lui répondit d’une voix grave.

-J’attendais que tu découvres mon  secret. Celui  me permettrait de me parler.  Je vois en toi beaucoup de sincérité.  Je m’appelle Equilius. Je suis le roi du peuple des pégases qui se trouve un peu plus au sud vers un village qui se nomme Rarmine.

Liberty écoutait attentivement le discours du cheval ailé.

- Mais, pourquoi n’es tu pas avec les tiens ?se risqua de demander  la jeune fille.

- C’est long à expliquer, se lamenta t-il. Pour faire simple, ma bien-aimée m’a été enlevée pour je ne sais quelle raison par un être mauvais surnommé Bousemat.

-Nous en avons déjà entendu parler, confia Liberty.

-Il lui a tendu un piège en lui faisant parvenir un mot avec des rimes qui lui disait que j’étais en danger et qu’il fallait qu’elle vienne absolument m’aider à un endroit précis, continua l’équidé avec une voix chevrotante, prêt à pleurer. Je n’étais pas en danger mais en train de chasser avec des amis. Quand je suis revenu dans mon clan, une de ses amies, qui l’avait suivie en cachette,  m’a raconté ce qu’il était arrivé. Par mesure de précautions, j’ai demandé à mon peuple ne restait soudé et de se mettre à l’abri dans un lieu connu de moi-seul. Pour ma part, je suis depuis à la recherche de ma belle.

-Je suis désolée pour toi, reprit Liberty avec sincérité. Quand cela est il arrivé ?

-Avant-hier, soupira le cheval. Tel que tu me vois, je suis épuisé. En voyant qu’il vous restait des vivres, je n’ai pu m’empêcher d’en dérober afin de reprendre quelques forces et de repartir à sa recherche.

-Veux-tu que mes deux amis et moi , nous t’aidions ? Nous devons également voir Bousemat pour des raisons qui nous sont propres, demanda Liberty.

Nous ne sommes pas d’ici et nous aimerions rentrer chez nous. De plus, nous devons aider une fée qui est devenue une amie.

- Cela n’est pas de refus. Bousemat est un être abject, méchant et nous ne serons pas assez de quatre pour venir à bout de ses pouvoirs.

-Ses pouvoirs ? reprit Liberty, inquiète.

- Oui, confirma Equilius. Nous ne savons pas grand-chose de lui car il fait souvent faire ses actions par d’autres êtres aussi malfaisants que lui ou qui sont sous son joug. Ceci dit, beaucoup disent qu’il utilise la magie noire pour obtenir ce qu’il veut.

-Mais qu’est ce que c’est que ce bruit ? demanda Sauveur les yeux dans le vague, la voix endormie et les cheveux ébouriffés. Quelques secondes après et reprenant ses esprits, il hurla, non sans surprise dans sa voix.

-Mais qu’est ce que c’est que ça ?

-C’est un pégase reprit Devil qui le suivait d’un pas. Il est magnifique. Je pensais ne jamais en voir de ma vie. C’est fantastique, n’arrêtait –il pas de dire en contournant l’animal et en le regardant sous tous les angles.

-Il s’appelle Equelius et voilà ce qu’il lui est arrivé, commenta Liberty.

La jeune fille fit un bref topo de la situation à ses amis et leur expliqua que le cheval ferait parti de leur expédition.

-Je pense que nous ne serons pas trop de quatre pour trouver ce Bousemat, lâcha Devil.

-C’est exactement ce que j’ai dit à la jeune fille tout à l’heure, acquiesça  le cheval ailé en remontant ses lèvres supérieures.

 

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