( 5 mars, 2013 )

chapitre 7

Chapitre 7

Les fées accompagnèrent Liberty jusqu’au campement et s’affairèrent de ramasser des branches et feuilles comme le lui avait demandé la jeune fille.

Liberty sourit tout au départ de voir ces petites créatures ramener de tout petits bout bois  qui faisaient à peu près leur taille. Le bois qu’elles ramassaient était de couleur blanche. Pour constituer le toit et le matelas, elles prenaient de toutes petites feuilles rouges dont la texture était comme de la soie. Liberty se demanda comment les feuilles et les bouts de bois pourraient leur servir à construire une cabane ou à recouvrir un toit. Elle se mit à parler à la reine avec un ton amical et chaleureux pour ne pas les vexer.

-Euh, Édeline, je ne sais comment vous le dire, mais je trouve que les morceaux de bois que vous rapportez sont un peu petits pour notre taille.

Elle prit un morceau de bois dans sa main et le mit à côté d’elle pour faire constater à la créature, qu’en effet, les choses qu’elles avaient  rapportées n’étaient pas à sa taille. Édeline ne sembla pas se préoccuper de sa remarque et continua à aller chercher ce qu’il fallait.

Liberty ne savait comment faire pour lui faire comprendre que ce que les créatures portaient, n’était pas ce qu’il fallait. Alors qu’ Édeline était en train de ramener une autre petite branche, la jeune adolescente se mit devant elle en espérant, cette fois çi, qu’elle ne l’ignorait pas.

- Édeline, se lamenta t-elle, je vous assure que c’est très gentil ce que vous faites mais…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle entendit la petite créature dire des mots dans une langue inconnue en feignant de s’adresser au monticule de bois qu’elle avait ramené avec ses compatriotes. A ce moment, Liberty vit les branches se rallonger, se rallonger et devenir à la taille qu’elle souhaitait initialement. Les feuilles devinrent également plus touffues et plus grandes prêtes à servir pour le toit et pour le matelas. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle regardait ce spectacle, la bouche grande ouverte. Édeline semblait s’amuser de la  tête que faisait l’adolescente. Le résultat était bluffant. Toutes les feuilles et les branches étaient d’un format conforme aux souhaits qu’avait formulé la jeune fille initialement.

- Mais comment avez-vous fait ça ? murmura t-elle.

Là encore, à peine avait t-elle fini sa question, que Édeline se mit à réciter de nouveaux des mots dans un langage inconnu mais qui faisaient penser à une sorte de formule magique. La reine les criait de sa plus forte voix  (mais vu sa taille il était clair que le son n’était pas très puissant). Là, sous les yeux ébahis de la jeune fille, les objets se mirent à s’enfiler les uns sur les autres, d’autres s’attachèrent entre eux grâce à des lianes que n’avaient, au  départ, pas remarqué Liberty. Le tout se faisait à une assez grande vitesse. A une vitesse prodigieuse,  la cabane se construisait avec un toit couvert de belles et grandes feuilles rouges. La maisonnette était assez grande et pouvait sans problème accueillir les trois jeunes gens. Le matelas était également fait. L’adolescente se mit sur le grand matelas et se rendit compte que ce dernier était moelleux et confortable comme aucun lit où elle avait dormi jusqu’à présent. Elle se releva promptement car elle se serait vite endormie, se sentant en sécurité et dans un confort optimal. Elle était en plus tellement fatiguée par rapport à ce qu’ils avaient vécu jusqu’à maintenant qu’un petit somme ne lui aurait pas fait de mal. Elle s’adressa à la reine des fées en lui faisant une révérence.

-Comment puis-je vous remercier pour ce que vous venez de faire ?

La fée la regarda dans les yeux et lui répondit d’un ton solennel

- Il viendra le jour où toi et tes compagnons seront d’une grande aide. A ce moment là, je te demanderai de nous aider. Votre présence, ici, avec nous, avait été écrite et prévue. Nous vous attendions.

- Comment écrite ?questionna la jeune fille en haussant des yeux stupéfaits. Sur quoi ? et où ça ?

- Dans notre grand livre qui s’appelle liberus salvus. Ce livre se passe de reine de fées à reine de fées. Il est donc dans nos mains depuis des générations. Il consigne des événements  qui se sont passés mais aussi le futur de notre peuple. Or, à un moment, une arrivée avec trois jeunes gens est marquée disant que ces derniers pourraient nous sauver de nos sœurs les fées sombres commandées par Bousemat.

-Il donne donc des conseils pour tuer cette créature que vous nommez Bousemat et sauver vos sœurs les fées noires, c’est ça ?demanda Liberty.

-En fait, c’est plus compliqué que ça puisqu’après l’annonce de votre arrivée et le fait que vous alliez peut-être nous sauver, rien n’est marqué. Les pages sont blanches. Nos anciennes sœurs ont juste marqué qu’elles ne pouvaient pas écrire la suite le futur dépendant exclusivement de vous. En conclusion, si vous ne trouvez pas comment nous sauver de Bousemat, le livre s’arrêtera et les pages blanches resteront blanches. Si vous réussissez par contre, les pages du livre seront de nouveau écrites puisque notre vie ne s’arrête pas. Vous comprenez ? Elles ont également mis la solution pour aller dans le monde d’en haut.

- Oui, mais pourquoi ne m’avez-vous pas dit tout ça tout à l’heure à notre première rencontre demanda la jeune fille.

La Reineprit une profonde inspiration et répondit :

- Je n’ai su que c’était toi que lorsque j’ai touché ton front et vu à l’intérieur de toi. J’ai pu entrevoir alors ton courage, ta ténacité, ton sens pratique et ta sincérité.

Édeline avait à peine terminé que les deux garçons arrivèrent au campement. Toutes les fées avaient disparues comme par magie et Liberty se retrouva seule face à ses amis. Il était pile dix-neuf heures trente. Le regard des garçons allait de Liberty à la cabane qui était terminée. Sous la surprise, Sauveur lâcha toutes les branches qu’il avait réussi à amasser pour construire le futur abri.

- Mais, comment as-tu fait ? s’écria Devil.

-Ce n’est pas possible, reprit Sauveur. Tu as des pouvoirs magiques ou quoi ?

- En fait, marmonna Liberty, on peut dire ça comme ça.

-Comment ça, on peut dire ça comme ça ? reprirent les deux garçons.

-Si je vous raconte, je ne suis pas sure que vous n’allez pas me prendre pour une folle.

-Tu sais, j’ai bien cru que vous me diriez la même chose avec mon poisson bavard… J’ai même hésité à vous raconter ce qui m’était arrivé aussi.

- Asseyez-vous, je vais vous raconter.

Liberty leur raconta sa rencontre avec les fées blanches, l’importance de certaines branches d’arbres et de feuilles qui contenaient des caractéristiques indispensables à leur survie. Elle leur expliqua qu’avec une de ses formules magiques,la Reinedes fées blanches avait changé des petits branchages en grandes branches qui avaient permis de construire leur cabane et que les feuilles avaient été transformées pour constituer un matelas confortable. Enfin, elle leur révéla qu’a priori leur venue était attendue dans un livre qui se passait de génération en génération.

Les deux garçons l’écoutaient attentivement. Devil se mit à sourire.

-Non, mais sérieusement, comment as-tu fait pour construire la cabane ?

À cet instant, des dizaines de petites fées se mit à apparaître et à sortir des feuilles qui les tenaient invisibles. La reine des fées s’avança vers le jeune homme qui devint d’un coup très pâle. Liberty avait presque envie de rigoler de voir son ami dans cet état, mais elle se retint de peur de le vexer.

-Ceci n’est pas une blague confirma Édeline. Tout ce que votre amie vous a dit est vrai. Je dois vous toucher le front pour voir si vous êtes bien les personnes que nous attendons.

La Reineavança la main vers le front de Sauveur qui se laissa faire. Elle lâcha le jeune homme. Elle confirma en souriant qu’il était bien du groupe décrit par le Liberus Sauvus, leur livre et que son fond était bon, qu’il était costaud, athlétique et toujours prêt à aider son prochain. Puis, elle s’approcha de Devil. Ce dernier à son approche se recula spontanément.

- Pourquoi me toucher ? se défendit il. Je fais certainement partie de la quête également puisqu’il y en a déjà deux sur trois. Je dois être le troisième.

La fée le rassura.

-Oui certainement. Ne t’en fais pas. Cela ne fait pas mal du tout.

Les deux amis regardèrent Devil et acquiescèrent par rapport à ce quela Reinevenait de dire.

Devil se rapprocha des petites mains de la fée. Cette dernière lui toucha doucement le front. Elle parut un instant inquiète fronçant les sourcils. Elle relâcha le contact et déclara d’un ton inquiétant.

-Tu es bien la troisième personne que nous recherchons. Il y a cependant quelque chose en toi qui me dérange. Je ne sais pas quoi. Tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup confiance en toi. De plus, tu as une mauvaise image de toi-même. Il y a tout un côté de ta personnalité qui ne m’a pas été donnée d’observer. Cela me dérange un peu. Pourtant, tu es le troisième, il n y a pas de doutes.

-Alors pourquoi se poser autant de questions, maugréa Devil vexé de ce qu’avait dit la fée. On ne va pas polémiquer pendant des heures.

-Que faut-il que nous fassions pour vous ? lança Liberty voulant excuser l’attitude  bizarre et inconvenante de son camarade.

-Il va vous falloir beaucoup de courage : outre le fait que vous allez devoir sauver notre peuple. Il vous faudra aussi récupérer un livre caché qui vous donnera une solution pour rentrer chez vous.

-Pourquoi ne pas aller chercher le livre en premier couina Devil. Nous pourrions rentrer chez nous directement.

-Le livre en question est entre les mains de Bousemat. Les fées noires protègent le livre également avec d’autres créatures maléfiques. Ce que je ne vous ai pas dit c’est que Bousemat veut non seulement avoir ce monde pour lui mais il veut également convertir tous les êtres de ce monde en êtres maléfiques pour attaquer le monde d’en haut, « votre monde ». Je sais qu’il a réussi à avoir quelques ingrédients qui lui permettraient de faire surface mais il lui manque aussi certaines choses, dont notre fluide qui lui servirait d’énergie. Je n’en sais pas plus.

Liberty sentit un frisson lui parcourir le dos.

-Que faut il que nous fassions ?  demanda Sauveur.

-Je sais que Bousemat se trouve près du lac « des abysses » dans une grotte. Il faut pour cela que vous traversiez de nombreux lieux. Je vous fournirai une carte sommaire afin de vous aider. Il faudra en outre traverser l’étang noir, le marais mouvant, la montagne infinie, le repère des centaures, la forêt des « bois hurlants ». Je ne connais pas grand-chose concernant les autres lieux que je vous ai cités mais méfiez vous de cette forêt. De nombreuses créatures maléfiques y vivent. Malgré tout, vous pourrez être aidés par certaines créatures comme les satyres,  les botrucs, des lutins en échange de certaines épluchures de fruits et de restes à manger.

-Des botrucs ? questionna Liberty le sourire aux lèvres. Qu’est ce que c’est ? C’est un nom rigolo.

-Ne vous fiez pas aux noms des créatures que vous rencontrerez, intervintla Reine. Ilest vrai que le botruc n’est pas trop dangereux à condition que vous ne touchiez pas à l’arbre dans lequel il vit.

-Que se passe t-il sinon ? s’informa Sauveur qui connaissait moins bien les créatures magiques et mythologiques que Liberty et Devil.

Devil le regarda droit dans les yeux et répliqua d’un ton grave.

- Le botruc est une sorte de petit être qui est fait d’écorce et de bois. Si jamais tu oses toucher à l’arbre dont il est propriétaire, il te crève les yeux de ses doigts pointus. Il est dit que seule une armée de cloportes peut calmer un botruc le temps qu’un magicien coupe dans l’arbre ce dont il a besoin pour fabriquer sa baguette magique.

- Ah oui quand même constata Sauveur. Pas très gentille la bêbête

-Vous rencontrerez pleins d’autres créatures repritla Reinecalmement. Méfiez vous de leurs apparences. Certains ou certaines vous sembleront agréables mais pourront vous piéger et faire que vous mourriez. D’autres au contraire vous sembleront inabordables et d’aspect repoussant avec une odeur de putréfaction avancée et pourtant pourront être d’une grande aide dans votre aventure. J’ai senti en vous touchant que Devil avait la passion des livres et des créatures fantastiques. Ses connaissances seront fortes utiles. Quant à toi Liberty, comme je te l’ai dit, tu es sincère, vertueuse, ton jugement pourra énormément t’aider. En cas de problème, Sauveur sera là pour vous aider. Il est fort et a un très grand sens pratique qui vous aidera pour fabriquer des choses. Un dernier conseil, continuala Reine.  Netouchez pas à n’importe quoi. Un objet peut appartenir à une créature. Et ce quelque soit cet objet. Veillez à demander auparavant si vous pouvez bien prendre le bien que vous souhaitez posséder. Ne soyez pas en terrain conquis. Respectez les êtres qui vivent en ces lieux, certains, j’en suis persuadée vous récompenseront, voir vous aideront pour récupérer le Libérus Salvus et par la suite retourner dans le monde « d’en haut ». J’ai certains alliés qui me connaissent. Vous pourrez utiliser mon prénom mais surtout ne mentionnez jamais le nom du livre que vous devez me ramener. Cela pourrait être catastrophique pour nos deux peuples.

-Ce que je ne comprends pas confia Liberty, c’est que vous m’avez dit que le grimoire que l’on doit vous ramener avait des feuilles blanches. A quoi cela sert-il de vous le ramener alors ?

-  Oui mais comme je te l’ai dit, expliqua Édeline, le futur sera marqué au fur et à mesure que vous entreprendrez des actions. Il se peut que ce que vous allez commencer remplissent les pages blanches et nous permettent de savoir comment battre Bousemat. A moins que vous ne le rencontriez en route et ne le supprimiez. Dans ce cas, nos sœurs noires redeviendraient blanches et beaucoup de créatures maléfiques disparaitraient ou deviendraient bonnes. Nos ennuis seraient alors terminés. N’oublies pas non plus qu’il y a la solution pour rentrer chez vous. Le livre vous servira donc autant qu’à nous. Vous serez obligés par contre de repasser dans notre clairière car  le grimoire sera écrit en langage de fées qui vous est inconnu. Je vous le traduirai quand vous reviendrez avec.

-Quelles promesses a-t-on qu’une fois le livre entre vos mains, vous nous le traduirez gronda Devil.

-Nous vous le promettons déclarala Reineen regardant  d’un air vindicatif le jeune homme. Nous tenons toujours nos promesses. Je vous l’ai dit haut et fort. Si je ne respecte pas notre accord, je mourrai. Telle est une des lois qui régissent notre monde.

-Qui me prouve que ce que vous dites est vrai, insista Devil en défiant Édeline.

-Liberty, je vais donner un des pouvoirs que nous avons car tu es saine par rapport à d’autres.

Elle regarda Devil plein de haine puis reprit :

- Tu vas pouvoir en touchant une personne savoir si cette dernière dit la vérité ou non. Touche moi. Si je dis la vérité, tu sentiras comme une sensation de chaleur t’envahir. Si je mens, tu éprouveras une sensation de froid. Ce sort est vraiment probant.

Liberty approcha sa main doucement du petit corps de la fée et la toucha en tâchant de ne pas lui faire de mal. Dès que son doigt effleura la petite créature, elle sentit une source chaude l’envahir. Cela lui donna immédiatement une sensation de bien-être.

-Elle dit la vérité dit la jeune fille.

-Attends je vais te raconter un mensonge et une vérité lâcha Devil sur que le sort que lui avait donné la fée n’était qu’illusion et pur mensonge. Dis moi quel est mon mensonge et quelle est la vérité. La première phrase est celle-ci : Je suis toujours sincère avec mes amis. La deuxième : Je ferai n’importe quoi pour mes proches.

-Hé !, intervint Sauveur, tu n’as dit que des vérités. C’était un piège. Même sans te toucher on peut le savoir.

Liberty toucha Devil et le regarda étonnée et déçue puis se retourna vers Sauveur et lui dit :

-Non, au contraire, il n’ y a que des mensonges. J’ai ressenti du froid pour les deux phrases.

Devil fit volte-face et sans rien répondre se mit de côté en évitant de croiser l’expression de ses camarades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 Commentaires à “ chapitre 7 ” »

  1. Ange clamscity dit :

    Le tout se faisait à une assez grande vitesse. Petit à petit, la cabane se construisait avec son toit couvert de belles et grandes feuilles rouges.(contradiction dans le sens des phrases)

    - Il viendra le jour où toi et tes compagnons seront d’une grande aide.(serez d’une)

    Le livre vous servira donc à vous autant qu’à nous. (Le livre vous servira autant qu’à nous.)

  2. Ange clamscity dit :

    Beaucoup en effet.

    Je suis assez fan de littérature fantastique et mon auteur préféré est Anne Rice même si c’est du domaine vampirique xD

    Ceci dit, tu as une bonne patte pour l’écriture et je pense que tu peux en faire quelque chose de génial ma luce =)

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