( 27 mars, 2013 )

chapitre 16

Chapitre 16

 

Les jeunes et l’équidé s’étaient enfin restaurés après les dernières aventures qu’ils venaient de vivre. Repus et reposés, ils étaient prêts à reprendre la route. L’aile de Equélius grâce à l’onguent trouvé près de la rivière pouvait de nouveau fonctionner et il pouvait de nouveau voler sur de petites distances à condition qu’on ne le monte pas. Il ne supportait pas encore d’avoir du poids sur sa croupe.

- Que ca fait du bien de voltiger, s’extasiait t il sans cesse sous les yeux émerveillés des enfants.

Ils le voyaient faire des petits piqués, monter haut dans le ciel, se mettre la tête à l’envers afin de revivre des sensations oubliées. Equélius était heureux et son bonheur se répercutait sur le groupe qui ne cessait de rigoler en le voyant faire.

- Ca fait du bien de le voir comme ça, lança Liberty en souriant et en le contemplant faire une pirouette dans les airs.

- Je suis tout à fait d’accord avec toi, acquiesça  Sauveur. Il s’éclate littéralement dans les airs.

Les jeunes continuaient gaiement leur chemin et examinaient par la même leur environnement proche. Des espèces de sauterelles jaunes  sautaient devant eux en les saluant poliment, des lapins bleus  avec de toutes petites oreilles ridicules cueillaient  des espèces de fruits orange pour les manger. Ces lapins, outre leur couleur, mesuraient près de un mètre et avaient une queue de chien qu’ils remuaient quand ils étaient contents. Bien qu’inoffensifs, ils étaient très impressionnants à regarder. Le groupe se fit donc très discret quand ils passèrent près d’eux. Des oiseaux à quatre ailes multicolores volaient à proximité d’Equélius. Le ballet dans les airs de tous les animaux réunis ressemblait à un feu d’artifice tant les couleurs étaient  vives.  Les enfants poussaient parfois un bosquet rouge qui leur cachait la vue pour découvrir des arbres ou des plantes avec des formes originales. Ils rigolèrent quand ils perçurent un arbre avec le feuillage en forme de fesses et un autre en forme de visage avec un immense nez. Chacun disait que l’arbre-visage ressemblait à l’autre.

Dans cette ambiance, le temps passait très vite et les kilomètres aussi.  Le paysage changeait ostensiblement.  Il y avait de plus en plus de petites montées et  de descentes comme s’ils étaient sur des collines. La température aussi commençait à chuter, la fraîcheur se faisait ressentir.

Liberty ressortit à un moment la carte de la reine des fées afin de se situer. Elle fut rassurée de voir qu’ils ne s’éloignaient pas de leur objectif et qu’ils étaient sur le bon chemin. Ils se rapprochaient du prochain lieu écrit sur la carte : les montagnes infinies.

-                    On doit aller aux montagnes infinies, déclara Liberty tenant toujours    la carte entre ses mains.

Les jeunes garçons et Equélius se rapprochèrent d’elle pour regarder le plan sommaire.

- Je pense qu’il va falloir qu’on se fabrique des vêtements un peu plus chauds que ce qu’on a sur le dos actuellement, sinon on risque d’avoir très froid. Après tout, dans les montagnes il fait  toujours frisquet.

Les jeunes étaient partis faire leur randonnée pour se trouver leur abri sur la colline de Meulan juste en tee-shirt et en pantalon de jogging. Sauveur avait mis un nouveau bas Nike rouge avec un haut Adidas bleu, son copain avait fait l’inverse le haut était rouge mais le bas était bleu, quant à Liberty, elle s’était habillait en vert. Elle leur avait dit en rigolant que c’était pour se confondre avec la nature. Avant de tomber dans le tunnel, il faisait en surface une température très agréable grâce à un beau soleil de mai. Le climat en sous-terre n’avait jusque là posé aucun problème puisqu’il était sensiblement pareil. A côté d’eux se trouvaient de grandes herbes relativement sèches. Devil proposa aux autres de rouler ces dernières afin de s’en servir d’isolant. Le but était d’augmenter le volume d’air prisonnier dans le vêtement. Il avait lu cette astuce dans un guide de survie. Il prévint les autres cependant de faire attention que l’herbe ne soit pas à même la peau et de bien vérifier s’il n’y avait pas d’équivalent de tiques qui pourraient se fixer sur la peau et insidieusement leur sucer le sang, voir leur transmettre la maladie de lyme ou tout autre maladie invalidante. Il fallait faire de même pour les chaussures.  Heureusement pour eux, leurs vêtements étaient amples ce qui leur permettaient de mettre pas mal d’herbes et donc d’éviter de prendre froid pour la suite.

La petite mouche les guettait toujours de ses  six yeux  salivant d’avance ce qu’il allait se passer quand ils croiseraient le monstre que son maître leur avait envoyé. Il entrevoyait déjà leur panique quand la jeune fille essaierait d’utiliser sa baguette pour les protéger mais sans succès puisque le dernier sort possible avait été annulé par son maître bien aimé. Il rigolait d’avance en silence de peur de se faire remarquer.

 

 

 

 

 

 

Le groupe décida de sustenter un peu avant d’attaquer les zones froides de peur de ne plus trouver de nourriture. Ils s’arrêtèrent près d’un petit torrent au courant moyen. Parfois,  de petits poissons sautaient hors de l’eau et les saluaient poliment. Certains engageaient la conversation leur demandant ce qu’ils faisaient dans un endroit aussi éloigné, d’autres leur donnaient des conseils pour traverser plus facilement les montagnes infinies. Tous étaient dans l’ensemble sympathiques et curieux. Les enfants étaient émerveillés par ces poissons d’un autre monde dont les nageoires pectorales et pelviennes leur servaient comme des bras pour s’accouder sur le bord de la rive et discuter tranquillement. Equélius était également d’une aide précieuse pour guider les jeunes sur ce qu’il était possible de manger ou non. Rassasiés, les compagnons s’endormirent  tranquillement pour faire la petite sieste avant de reprendre leur route avant la nuit.

A peu près vingt minutes après, un bruit important se fit entendre qui réveilla tout le monde en sursaut.

- Mais qu’est ce que c’est que ce raffut, demanda inquiète Liberty.

- Je ne sais pas mais c’est super impressionnant, cria Devil en se bouchant les oreilles.

- Je vais voir, hurla Equelius qui s’éleva aussitôt dans les airs.

Les jeunes pressentaient que quelque chose de grave allait se passer. Ils rangèrent en vitesse les affaires dans le sac à dos et se tinrent près à déguerpir selon les nouvelles que leur apporterait leur ami cheval. Quand Equélius revint et que les enfants virent sa mine angoissée et effrayée, ils surent d’emblée que quelque chose de terrible approchait.

-         Courez, courez, leur hurla l’équidé. C’est un ettin.

-         Un ettin ? s’époumona  Sauveur ? C’est quoi ?

Au même instant,  des branchages  s’ouvrirent brusquement laissant place à un être immense à deux têtes. Son aspect était effrayant, tout en muscle.  Les deux têtes avaient des visages peu attrayants. Il avait des dents jaunes et cariées dans une bouche large, des cheveux longs, un nez épaté et de grands yeux noirs. Il dégageait en outre une odeur répugnante.  Les deux têtes fonctionnaient indépendamment mais il était clair que la droite était celle qui dominait la créature. Il était armé d’un gourdin à la main droite qu’il balançait maladroitement de gauche à droite.

- Ne cherche pas et fuis, s’écria Devil.

Le groupe courait le plus vite possible essayant de distancer le monstre mais celui-ci avec ses grandes jambes les rattrapait petit à petit. Complètement paniquée, Liberty ne pensa même pas à sa baguette. Elle filait le plus rapidement que ses jambes lui permettaient de le faire.

-  Je vais faire quelque chose, clama Devil tout enjambant des obstacles.  Ne vous occupez pas de moi et continuez à détaler. Faites ce que je dis si vous voulez qu’on s’en sorte vivants. J’espère que cela va marcher. Equélius, tu viendras me rechercher après afin que je puisse rejoindre les autres.

Le jeune homme se dissocia du groupe et pris une autre direction. L’ettin surprit par la décision du jeune homme s’arrêta. Il ne savait pas quelle direction prendre. Les deux têtes regardaient dans des directions opposées et ne savaient pas quelles personnes suivre. Cette pause permit aux deux groupes de le distancer de nouveau un peu. Elle ne fut, hélas, que de courte durée  puisque le monstre se remit à courir. Il décida de suivre Devil. Ce dernier courait le plus vite possible. Sur le chemin, il avait remarqué quelque chose qui pouvait leur sauver la vie à tous. Il fallait juste retrouver ce qu’il cherchait. C’était l’unique chance de survivre. Il sentait l’abominable individu qui se rapprochait. Il sentait presque son odeur répugnante et cela commençait à lui lever l’estomac. Il se parla à lui-même pour ne pas laisser tomber et s’encourager. Il fallait absolument qu’il retrouve l’endroit.

- Allez Devil bon sang. Réfléchis. Ce n’était pas loin.

L’Ettin hurlait de toutes ses forces heureux de pouvoir entendre les pas de sa proie à proximité.

- Super, jubila le jeune homme, content d’avoir retrouvé enfin ce qu’il cherchait.

Un énorme invisibilus remplis de feuilles se tenait face à lui. Devil se cacha promptement à l’intérieur de son feuillage. Tout en marchant avec le groupe tout à l’heure et en voyant l’arbre, il s’était rappelé de ce que leur avait appris Liberty concernant ses propriétés.  Il permettait de rendre invisible et avait sauvé plus d’une fois les fées blanches contre les êtres noirs et le terrible Bousemat. Il bénissait le végétal d’être là pour lui sauver la vie. Imperceptible, le jeune homme retenait son souffle quand il vit le géant de quatre mètres tout à côté de lui. Ses deux têtes immondes tournaient dans tous les sens pour essayer de trouver celui qu’il cherchait. Tout doucement, le garçon se pinça les narines pour éviter les effluves nauséabondes du monstre. Il avait peur de vomir et se faire découvrir. L’homme colossal aux deux têtes respirait et essayait en vain de sentir l’odeur de sa victime. Mais, il n’y arrivait pas car l’invisibilus était entouré par des arbres aux fleurs de couleurs rouges, orange et bleues ultra odorantes qui surpassaient toutes les autres fragrances. Déboussolé par ces excès d’émanations, il poussa un grognement qui fit trembler Devil et mit un grand coup de gourdin sur un des arbres au parfum entêtant. Ce dernier fut déraciné en un coup. Le jeune homme fut heureux qu’il ne choisisse pas l’invisibilus pour déchainer sa colère. Une fois son courroux passé, les deux têtes regardèrent dans la direction opposée au groupe de Liberty et se remit à marcher lourdement. Le danger était passé. Ils étaient sains et saufs et ce, grâce à un arbre magique.

 

( 21 mars, 2013 )

chapitre 15

Chapitre 15

 

 

-NON, NON et NON, hurlait le maître de la grotte. Ce n’est pas possible. Ils n’ont pas pu réussir. La lunaison est pour ce soir en plus. Ils vont se rendre compte de leur capacité et de leur vraie personnalité dans notre monde. Comment cela s’est il produit ? Comment ont-ils pu sortir indemnes encore une fois du marais ?

- Maître, c’est  Édeline, murmura l’espèce de mouche qui avait peur que son sort ne soit rendu à néant à cause de la colère qu’éprouvait son maître.

- Quoi Édeline ? Avant c’était Puélo maintenant cette maudite reine blanche s’insurgea le Maître qui, passant près d’un des espèces de rhinocéros lumière le frappa de colère et le fit disparaître. Il faut que cela cesse.  Comment s’en sont ils sortis encore?

- Édeline, avant qu’ils ne partent, leur a fait don d’une sorte de baguette magique, chuchota la créature aux six yeux globuleux qui tremblait d’angoisse de succomber comme le rhinocéros. Il ne leur reste d’ailleurs plus qu’un seul sort à exaucer si je ne me suis pas trompé.

- Tu crois que tu n’aurais pas pu me le dire avant, tonitrua l’homme. Tu mériterais que je te fasse partir dans la prison aux mille tourments pour te punir de ne me donner que la moitié des informations.

- Non, maître, sil vous plait, pas la prison aux mille tourments, dit la créature qui ne cessait de geindre en mettant la tête de côté. C’est trop horrible, personne n’en réchappe. Personne n’a jamais réussi à trouver l’unique salle qui donne accès à la sortie. Je vous ai toujours servi sans jamais vous décevoir.

- Ce n’est pas le cas aujourd’hui lui rappela l’individu cruel. Je vais déjà leur enlever le dernier sort de la baguette. Cela risque de bien les surprendre s’ils en ont besoin et que rien n’est exaucé.

Il se mit debout, prit dans une petite boite noire un espèce de petit bâton sombre dont il se saisit. Il le tournoya dans un sens puis dans l’autre en lançant une incantation  dans une langue étrange. Puis, il reposa précautionneusement l’outil.

- Voilà, pour leur baguette qui n’aura plus rien de magique maintenant, sourit ironiquement l’homme. Je pense qu’il va falloir que je passe à la vitesse supérieure. Je vais leur envoyer un copain qu’ils risquent de ne pas apprécier du tout.

Il se retourna face à une énorme boule sombre ressemblant à un miroir. Il toucha l’objet qui se mit à s’illuminer immédiatement. L’individu impitoyable prononça encore des mots incompréhensibles.  Caché par le dos de son maître, l’espèce de mouche ne voyait pas dans la sphère magique ce que ce dernier avait invoqué comme créature. Il en tremblait de peur quand même en se l’imaginant.

- Mon ami, lança le Maître s’adressant au miroir, va trouver les personnes que je te montre dans ton esprit. Ils se trouvent actuellement près du Marais mouvant. Utilise ton odorat pour les repérer et supprime les. Ils sont pour nous, peuple noir, un énorme danger. Fais le avant la prochaine lunaison.

Puis l’homme se retourna face à sa mouche esclave et lui lança :

- Je pense que ce soir, cette fois, sera le dernier soir. Je suis sûr que notre ami s’occupera de chacun d’entre eux à sa manière. Ils souhaiteront certainement utiliser leur baguette magique pour le supprimer mais quelle surprise ils auront quand ils remarqueront que cette dernière ne fonctionne plus. J’en rigole d’avance. Va, esclave, et tiens moi au courant de ce qu’il va se passer.

Le Maître se mit alors à rire sadiquement tandis que la mouche disparut trop contente de quitter l’endroit encore en vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

( 18 mars, 2013 )

chapitre 14

Chapitre 14

 

Tandis que Devil se reposait sur une des banquettes, la jeune fille se confia auprès de Sauveur qui dirigeait le bateau.

-         Tu sais, fit -elle d’un ton triste, je ne sais pas si on arrivera un jour à revenir dans notre monde.

-         Pourquoi penses tu à cela ? Il n’y a pas de raisons la rassura le jeune homme. On va retrouver le livre, le rapporter au peuple des fées et ensuite on pourra repartir. Cela m’a l’air relativement facile.

Il mentait volontairement pour redonner du tonus à son amie. Il s’avait pertinemment que la tâche ne serait pas aisée et qu’il leur restait encore beaucoup de choses à effectuer.

-         Tu sais, y a des personnes qui me manquent là haut, reprit elle tristement. Ca me fait bizarre de me dire que peut être je ne les reverrai plus jamais.

-         Bon, ça suffit oui ? se fâcha le garçon qui détourna la tête pour que la jeune fille ne puisse pas voir qu’il avait les larmes aux yeux. J’aimerais que tu reprennes le moral. Se plaindre, ce n’est pas ça qui nous fera avancer.

Liberty n’avait pas du tout l’habitude que Sauveur lui parle sur son ton. Elle en fut surprise et presque vexée. Elle se releva en silence pour se rapprocher de Devil. Sur le pont supérieur régnait une ambiance froide et triste. Les deux jeunes cherchaient à s’éviter du regard de peur que la même discussion ne reparte sur le même sujet. Ils se rapprochaient du bord.

- Il n’ y a plus une  grande distance à parcourir lança Devil qui s’était relevé sur ses coudes. Encore une bonne centaine mètres et nous devrions arrivés sur la berge.

Le jeune homme constata que l’ambiance était glaciale entre ses deux amis. Il ne chercha pas pour autant à savoir ce qu’il se passait de peur de prendre part au conflit. Personne n’osait prendre la parole, pourtant à un moment, Sauveur brisa le silence.

-   Regardez l’eau. Vous  ne trouvez pas qu’elle bouge bizarrement ?

-    Je me faisais justement la réflexion, constata la jeune fille. On dirait qu’il y a comme des vagues.

L’eau ondulait de plus en plus fort. Le radeau tanguait de plus en plus avec les jeunes à bord.

-         Je vais tâcher de pousser le moteur au maximum sinon les vagues vont nous submerger, hurla Sauveur complètement paniqué. Je comprends mieux pourquoi on les appelle les marais mouvants maintenant.

Equélius sortit sa tête du pont inférieur en faisant comprendre qu’il n’était pas bien.

- Que se passe t –il ? s’enquit l’équidé.

- Nous ne pouvons pas t’expliquer mais il s’avère que des  vagues se sont créées d’un seul coup et qu’elles sont de plus en plus fortes. Je mets les gommes au maximum mais le bateau tangue de plus en plus et je crains que nous nous retournions bientôt à cause de la puissance des remous.

Un des remous fut tellement fort qu’un petit morceau de la quille se cassa. Il était maintenant difficile de tenir en équilibre sur le pont. Les jeunes essayaient tant bien que de s’accrocher à tout ce qu’ils pouvaient trouver mais  une lame plus forte que les autres fit basculer Liberty. Elle glissa du pont et eut juste le temps d’attraper la manche de Devil. Ce dernier essayait tant bien que mal de la ramener sur le bateau tout en tâchant lui aussi de garder son équilibre. Sauveur, quant à lui, manœuvrait tant bien que mal le gouvernail pour maintenir un semblant de cap.

- Allez, Liberty, aide toi de tes pieds pour te rapprocher, tonna le jeune homme.

D’un coup  de bras puissant, il réussit à ramener Liberty sur l’embarcation. La jeune fille avait les larmes aux yeux tellement la peur l’avait envahie. Elle pensa d’un coup à sa baguette magique. Elle prévint alors e jeune homme de son intention :

- Devil, aide-moi à me maintenir au maximum, je vais tâcher de sortir la baguette que m’a donnée Édeline pour calmer le marais.

- Ok, rétorqua t-il d’une voix se voulant assurée. Tu peux compter sur moi. Je vais faire le maximum.

Elle essaya tant bien que mal de prendre son sac et de sortir l’objet sans le faire tomber.  Avec les remous, il était difficile de maintenir le sac dans une main et la baguette dans l’autre. Devil tenait fermement sa copine afin qu’elle puisse l’utiliser.

D’une voix forte mais hésitante, la jeune fille s’écria :

- Baguette magique, fais que les remous disparaissent doucement afin que nous puissions sortir d’ici vivants.

Les vagues, comme pour saluer cet exploit, se mirent à se calmer progressivement.

- Tu as réussi, lança le jeune homme encore épuisé par ce qu’il venait d’accomplir et des forces qu’il avait du déployer pour protéger son amie.

- NOUS avons réussi, reprit la jeune fille. Néanmoins, ne restons pas là plus longtemps. On ne sait jamais si le phénomène venait à recommencer. Il ne nous reste plus qu’un sort et nous sommes loin d’être arrivés à la grotte de Bousemat.

Les jeunes gens mirent les vitesses au maximum afin d’arriver le plus  rapidement possible sur la berge. Arrivés, ils se jetèrent dans les bras les uns des autres et s’embrassèrent, conscients qu’ils étaient passés près de la mort.

- Je ne pensais pas qu’on y arriverait, souffla Devil presque hystérique . Je pensais qu’on y passerait.

- Oui complètement d’accord avec toi reconnut la jeune fille. Il est clair que notre fin aurait été plus que probable sans l’instrument magique. Seulement voilà, il faut que vous sachiez qu’il ne nous reste plus qu’un seul sort. Il nous reste encore beaucoup de route à priori à parcourir. Je pense que nous ne sommes pas au bout de notre peine.

- Ne pensons pas négatif, intervint Sauveur. Si ça se trouve, nous avons fait le plus dur.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ? demanda son copain. Equélius connaît peut être certains des endroits où nous devons nous rendre. Peut-être en a-t-il entendu parler.

Le cheval scruta Devil et répondit :

-         Tu es sur de vouloir une réponse ?

-         Tu me fais peur là répondit il.

- Le peu que j’ai entendu des différents endroits que vous m’avez cités ne sont pas des lieux touristiques où on fait une balade sympathique. Ce sont plutôt des endroits inquiétants où beaucoup ne sont jamais revenus.

- Je ne sais pas si j’ai bien fait de te demander des renseignements en fait, ironisa Sauveur.

- Je propose qu’on se repose un peu plus loin ce soir et qu’on reprenne des forces avec nos victuailles avant de reprendre notre route proposa Devil conscient des dangers qui les attendaient.

Les trois autres personnages acquiescèrent. Ils reprirent leur route et trouvèrent un endroit agréable qui était coloré de fleurs variées et peuplé d’espèce de petits papillons en tous genres. Dans cette multitude d’insectes, l’espèce de mouche espionne disparut encore une fois pour faire un rapport à son maître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( 11 mars, 2013 )

chapitre 13

Chapitre 13

 

La créature réapparut au refuge de son maître pour lui transmettre les dernières nouvelles des jeunes. L’abri ressemblait à une sorte de grotte creusée tout en haut d’une montagne. Il était profond mais très bien agencé. D’énormes animaux phosphorescents éclairaient de leur abdomen le tunnel.   Ils ressemblaient à des rhinocéros mais assis sur deux pattes. Les créatures étaient attachées avec une corde courte qui ne leur laissait aucune possibilité de déplacement. Elles se savaient prisonnières et ne cherchaient nullement à s’évader d’une quelconque façon de peur de représailles. Leur destinée était donc de servir le Maître et de lui éclairer le passage.

-Alors ?  Prononça une voix grave et puissante en voyant son espion en face de lui. Dis-moi ce qu’il en est  sinon il t’en coutera.

On ne voyait rien de l’homme en question, il était plongé dans l’obscurité.

- Maître, fit l’insecte à la voix criarde,  les jeunes approchent du marais. L’ondine dont vous aviez sollicitée l’aide n’a rien pu faire car ils ont été aidé par Puélo.

- Puélo ? Tonitrua l’homme en tapant du poing sur un objet. Cela fait bien longtemps que j’aurais du m’occuper de lui une bonne fois pour toute. Il faudra que je m’en charge une prochaine fois.

Un moment de silence se fit avant que l’individu déclame d’un ton calme, solennel et cruel :

-         Ils n’arriveront pas plus loin que le marais mouvant. Cet endroit sera leur tombeau. Cela marquera la fin de leur histoire. Ils ne reverront jamais la lumière du peuple du haut et jamais ils ne sauveront le peuple des fées blanches. Continue de les espionner, moustique et refais moi un rapport dans quelques temps pour m’annoncer qu’ils sont morts. Je ne veux pas qu’ils soient encore de ce monde à la prochaine lunaison. Cela pourrait être embêtant. Je ne pense pas que ce sera le cas de toutes manières.

L’individu se mit alors à rire. Il fit  signe d’un geste de main désinvolte à l’insecte pour lui dire de s’en aller. Ce dernier se mit alors à disparaître.

 

 

 

-Voilà le marais mouvant, dit Equélius. C’est le seul marais de ce monde à avoir une eau noire. On ne sait pas quelles sont les créatures qui vivent à l’intérieur de ses eaux. Certains prétendent qu’il n’y a pas de dangers véritables et d’autres au contraire soutiennent que des êtres maléfiques vivent dans les profondeurs. Je n’ai jamais su ce qui était vrai ou faux puisque je n’ai jamais connu quelqu’un qui l’avait traversé.

-Comment va-t-on faire pour le franchir? On pourrait le contourner mais vu sa grandeur démesurée, cela nous demanderait des jours et des jours voir des semaines estima Devil. C’est dommage que tu sois blessé Equélius, tu aurais pu nous transporter de l’autre côté.

Le cheval opina de la tête.

- Il faudrait construire un petit radeau. Regardez autour de nous, il y a ce qu’il faut comme bois lança Sauveur.

Autour d’eux, il y avait comme des énormes bambous de couleur verte. Des espèces de libellules venaient se reposer sur les branches de certains d’entre eux. Contrairement aux libellules du monde d’en haut, celles çi avaient comme les escargots deux antennes rétractiles qui leur servaient d’yeux. Curieuses, elles voltigeaient près des jeunes sans toutefois trop les approcher. Leurs deux paires d’ailes resplendissaient au soleil et faisaient apparaître de magnifiques couleurs or et argent.

-         Je pense, en effet, qu’on peut utiliser ce bois annonça Devil après avoir soupesé et examiné un morceau de plus près. Au travail, les jeunes.

Chacun fut affecté à des tâches différentes. Sauveur et Devil devait ramasser de longues branches qui serviraient de poteaux. Equélius était chargé d’aider les garçons à tracter les charges trop lourdes. Liberty, quant à elle, ramassait de longues plantes jaunes qui serviraient  de cordages. Une fois que tout le matériel fut regroupé et assemblé, un radeau vit le jour. Les jeunes étaient ravis de ce qu’ils avaient créé. Il restait maintenant à le tester pour savoir s’il ne coulerait pas.

-         On a assuré, cria de joie Liberty.

-         C’est clair, acquiesça  Devil.

-         Ne crions pas trop vite victoire avant d’être arrivé de l’autre côté, calma Sauveur. On ne sait jamais. On pourrait très bien chavirer et couler.

-   Je vois que monsieur est très optimiste, lança Liberty ironique. Tu veux nous porter la poisse ou quoi ?

-         Non, non, assura Sauveur, mais je ne veux pas qu’on crie victoire trop vite non plus.

-         C’est sur, tu as peut être raison, agréa son ami. Ceci dit, ça ne coute rien d’y croire non plus non ?

Le radeau mis à l’eau, Liberty se mit dessus sans que ce dernier ne coule. Il en fut de même pour Devil. Arrivé à Sauveur, le radeau s’enfonça progressivement dans l’eau.

-         Arf, nous sommes trop lourds, proclama t-il. Essayons dans un ordre différent. Toi Devil, moi après puis Liberty. Il ne faut pas oublier non plus Equélius.

Le résultat resta le même. Le radeau acceptait deux personnes mais pas trois. Les enfants étaient désappointés pensant qu’ils réussiraient.

-         Comment va-t-on faire ? soupira Sauveur.

-         Je pense encore une fois que je vais devoir faire usage de la baguette même si je dois l’admettre cela m’embête au plus haut point. Il ne nous restera plus que deux  sorts.

-Oui mais nous n’avons pas le choix, cela fait plusieurs heures que nous essayons tant bien que mal de faire un radeau et je dois avouer que cela commence à m’énerver.

- Allez, ne restons pas bloqués indéfiniment.

Liberty sortit sa baguette et s’écria :

- Que ce radeau devienne un canot où tous nous pourrons nous loger et faire que cette traversée dans les marais mouvants deviennent aisée.

Un magnifique bateau en bois apparut de plusieurs mètres d’envergure. Il comprenait deux ponts supérieurs avec toutes les commodités indispensables. Le pont supérieur était constitué d’un poste de pilotage, d’une banquette de passagers avec des chaises de luxe. Le pont inférieur était prévu intégralement pour le cheval. Il ressemblait à un petit box avec de la paille à l’intérieur.

- Bon, ben ça s’est fait, s’écria Sauveur.

- Whaouh, enchérit Devil. On n’en demandait pas autant. Dis donc, elle ne fait pas çà à moitié. Elle est magnifique cette embarcation.

Equélius commença à monter dessus et descendit vers le pont inférieur qui constituait en fait ses appartements. Les enfants l’entendirent  hurler :

- Yes, Yes ! Y a même de la paille fraîche. Ils ont pensé vraiment à tout. Je vais être bien. D’ailleurs plus la peine de me demander, je ne suis plus là. Je vais me reposer dans mes box privés.

Les enfants s’esclaffèrent ensemble.

- Je pense qu’on peut y aller, fit Liberty qui monta à bord suivi de près de ses amis.

 

 

 

 

 

( 11 mars, 2013 )

chapitre 12

Chapitre 12

 

Les enfants et le cheval arrivèrent bientôt à un croisement. Bien sûr dans ce lieu magique, nuls panneaux d’indication existait. Liberty décida alors avec l’accord de ses camarades, de choisir au hasard en utilisant un « plouf plouf » de son enfance. Le doigt pointé sur le premier chemin, elle commença la chansonnette :

-Plouf, plouf, ce sera toi qui sera choisi entre les  deux chemins, Am-Stram-gram.

Le doigt indiqua le sentier de gauche qui était à moitié caché par des espèces de fougères géantes de couleur grise.

Les amis s’engouffrèrent à l’intérieur accompagnés de la licorne.

Il leur était difficile de progresser  sur la piste à cause d’obstacles divers et variés. Sans cesse, ils étaient obligés de pousser des feuilles de plantes ou de fleurs qu’ils ne connaissaient pas et qui leur barraient le passage.

-         Ce n’est pas possible, on ne va jamais y arriver si c’est comme ça tout le long. Espérons que ce ne soit pas trop loin, s’inquiéta Liberty, qui était en train d’esquiver une feuille lâchée par Devil devant lui.

-         Mais si, voyons, ne sois pas pessimiste comme cela, se voulut rassurant Sauveur. Il n’ y a pas de raison qu’on n’y arrive pas, à condition bien sur d’avoir pris le bon chemin.

-         C’est clair, reprit Devil ironiquement. Ca serait ballot d’avoir fait tout ça pour rien quand même.

Arrivé à une sorte de petite prairie où de magnifiques fleurs géantes de couleur rouges coexistaient avec d’autres plantes minuscules multicolores, Equélius parut soudain agité, il bougeait dans tous les sens. Le coin semblait pourtant très calme, aucun bruit ne venait déranger la quiétude de l’endroit. Les enfants se regardèrent mutuellement pour savoir si  quelqu’un avait la réponse à ce comportement énigmatique.

- Que se passe-t-il mon ami, prononça Devil en caressant la crinière du cheval pour tâcher de le calmer.

-         Vous ne trouvez pas que l’endroit est trop silencieux ? avança Equelius qui cherchait machinalement un endroit pour se cacher. D’habitude on entend des bruits de la nature : cris d’animaux, l’eau d’une rivière au loin qui s’écoule, et là rien du tout. C’est TROP calme au contraire. Quelque chose n’est pas normal par ici, je le pressens.

-         C’est vrai, confirma Liberty en tendant l’oreille, c’est bizarre. Ceci dit, il y a l’air d’avoir nul danger. Tâchons d’avancer en restant sur nos gardes au maximum, on ne sait jamais.

-         Je vais passer en premier, lança Sauveur dont le seul but était d’épater la jeune fille et peut-être obtenir d’elle des faveurs.

Il se plaça d’emblée devant le groupe et  incarna une figure protectrice.

-         Encore une fois, pourquoi toi ? grommela  Devil  renfrogné en croisant les bras. Pour une fois, ca va changer, il n’ y a pas de raisons.

Et sans qu’aucun des personnages ne puisse réagir, il se retrouva dans le milieu de la prairie.

-         Vous voyez,  il n’ y a rien à ….

Mais avant qu’il ne termine sa phrase, une des grosses fleurs rouges se pencha sur le jeune avec une rapidité déconcertante et le goba littéralement. Personne n’avait réagi médusé par la rapidité de l’action.

-         Je le savais, je le savais, criait Equélius hystérique presque réjoui d’avoir eu raison  en annonçant quelques minutes auparavant son présage.

-          Mon dieu, il faut agir vite, hurla sévèrement Sauveur à ses deux compagnons faisant comprendre par la même à Equelius que la joie éprouvée par l’animal juste avant n’avait pas sa place en l’instant. Il faut trouver quelque chose de coupant afin de sectionner sa tige. Je pense que ca la fera mourir et ainsi qu’on pourra récupérer Sauveur.

-         Oui, mais comment faire ? Tu as vu que dès que l’on s’approche, elle essaie de nous manger, lança Liberty.

-         Tu as raison, on va trouver une solution. Pour l’instant, cherchons quelque chose qui puisse faire office de ciseaux, d’épée, ou de hache.

Tous se mirent à chercher en se pressant de peur que leur camarade enfermé au sein de la fleur ne succombe. Equélius s’envola pour regarder si par hasard dans les arbres, il ne remarquerait pas de branches à l’embout pointu et coupant. Les deux autres fouinaient à terre pour voir s’ils ne découvraient  pas une pierre qui trancherait la plante d’un coup. Au bout de quelques minutes seulement, Liberty cria toute excitée:

-         C’est bon, je pense en avoir une qui pourrait être utilisée.

Elle montra la trouvaille à ses autres compagnons qui confirmèrent qu’elle servirait sans aucun doute à leur plan.

-         Maintenant, il nous faut découvrir très très rapidement comment s’approcher de la plante sans qu’elle ne nous mange car le temps nous est compté,  dit Sauveur.

-         Sur ce coup, je pense pouvoir servir à quelque chose, répondit la licorne qui exposa son plan. Mon objectif est de voler au-dessus d’elle, mais pas trop près non plus, pour attirer au maximum son attention sur moi. Il faudra alors dans le même temps que l’un de vous deux courent le plus rapidement possible pour utiliser la pierre et libérer votre camarade. Je sais que ce plan est risqué mais je n’ai rien d’autres pour le moment.

-         Ca me parait être une très bonne idée, commenta Sauveur. Il est clair Liberty que ce sera moi qui courrait en attendant qu’Equélius  attire l’attention de la fleur sur lui.

-         OK, fit Liberty qui comprit qu’elle n’avait de toute façon pas le choix dans sa réponse.

-         A trois on commence, d’accord Equélius ? glissa Sauveur à son partenaire improvisé. Un, deux trois,  go !

La licorne s’envola vers l’ennemi floral qui se trouvait à peu près à cinquante mètres de lui. Elle s’approcha tout doucement de lui tout en gardant une distance raisonnable afin de ne pas, elle non plus, succomber. Pendant ce temps et dès que Sauveur remarqua que l’attention de la fleur était accaparée complètement par Equélius, il se faufila alors tout doucement près de la tige prêt à la trancher. En marchant précautionneusement, il ne put cependant éviter une branche sèche, de couleur bleue qui trainait. Cette dernière se cassa sous un de ses pieds en faisant un bruit sec. Sauveur releva la tête prestement et observa alors tout de suite le comportement de la fleur de peur que celle-ci ne le remarque. Heureusement pour lui, il n’y avait pas eu d’incidence, la fleur, a priori,  n’ayant pas d’oreilles pour l’entendre. Cette dernière essayait en vain de chasser Equélius qui l’avait provoqué dans les airs. Le cheval se rapprochait parfois dangereusement  de la plante pour accaparer son attention. Un seul faux pas de sa part et lui aussi, pouvait être gobé par la carnivore. Il continua tout doucement son chemin, il ne manquait plus que quelques mètres seulement. Tout à coup, il vit la fleur changer d’attitude. Elle avait compris qu’elle ne pourrait jamais avoir la chose volante et s’était lassée de sa proie. Elle baissa alors sa tige et son réceptacle et remarqua Sauveur. Elle était prête à se jeter sur lui, quand tout à coup, le cheval ailé fit exprès de s’approcher au plus près de ses pétales jusqu’à les toucher. La fleur, en furie, se redressa d’un coup et   se remit alors à vouloir chasser celui qui avait osé toucher sa corolle. Elle s’allongea au maximum de sa tige et toucha le cheval à une aile. Equélius se voyant en danger s’éloigna alors promptement de la fleur et essaya d’atterrir le plus doucement possible malgré la blessure.

Pendant ce temps, Sauveur en profita  pour s’avancer rapidement de la tige et la trancha d’un coup sec, ne laissant pas à la fleur la possibilité de faire son ultime repas.

Liberty, qui avait regardé avec anxiété toute la scène derrière un buisson à feuilles grisâtres remplis  de grosses  cloques jaunes,  bondit vers Sauveur  tout en espérant que Devil était toujours en vie à l’intérieur de la fleur. Le cheval, quant à lui, se léchait la  plaie qui le faisait souffrir.

Les deux jeunes se mirent à enlever les pétales un à un pour essayer de trouver leur compagnon. Devil était en position fœtale et dormait. Le groupe comprit alors que l’espèce de liquide  qui entourait leur compagnon devait être un anesthésiant puissant. Ils positionnèrent alors leur ami de côté, rassurés de le voir vivant et pressaient qu’il se réveille pour reprendre la route.

 

 

 

 

 

 

Ce fut à l’ombre d’un grand arbre de forme rectangulaire aux feuilles marron que Devil reprit peu à peu ses esprits. Il ouvrit tout doucement les yeux et vit ses deux amis et le cheval le regarder en souriant.

-Que…Que s’est il passé ? chuchota t-il ?

-Presque rien, plaisanta Sauveur. Tu t’es juste fait avaler par une fleur.

-Ha bon ? prononça le jeune homme encore sous l’effet de l’anesthésiant.

Il essaya de se relever et s’aida de l’épaule de Liberty pour tenir debout et ne pas perdre l’équilibre.

-         Si tu veux Equilius peut te prendre sur sa croupe en attendant que tu récupères. Ca nous permettrait d’avancer également, proposa son ami. Par contre, il s’est lui-même blessé à une aile en te sauvant. Pour l’instant, il ne peut pas l’utiliser pour s’envoler. J’ai essayé de lui mettre le même produit avec lequel j’avais enduit la peau de Liberty mais ça ne semble pas faire beaucoup d’effet pour le moment. Je pense qu’il va falloir patienter quelques jours.

-         Je suis d’accord si Equelius n’est pas trop fatigué.

-         Non, ne t’en fais pas ça devrait aller mais surtout ne touche pas à la partie blessée.

-         Je ferai attention, répondit le garçon.

Il monta alors en califourchon sur le cheval qui se baissa pour ne pas faire faire d’efforts à Devil.

Les enfants regardaient les yeux pleins de surprises et d’émerveillement le paysage qu’il découvrait au fur et à mesure qu’ils avançaient. Parfois, ils croisaient des animaux particuliers. Certains avaient un corps de chèvre hormis la peau qui ressemblait à celle de crocodile. D’autres rampaient comme un serpent mais pouvaient déployer  des ailes en cas de danger. Tout dans ce monde leur paraissait étrange. Même la terre sur laquelle ils marchaient, était tantôt dure tantôt avait la particularité de faire rebondir. Parfois, comme des sables mouvants, elle ne supportait pas le poids de la personne et provoquait un enfoncement  de cette dernière. Ce qu’ils ne voyaient pas c’était cette étrange petite mouche avec six ailes transparentes qui les observait avec ses six yeux rouges globuleux. L’insecte se mit tout doucement à disparaître du paysage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( 11 mars, 2013 )

chapitre 11

Chapitre 11

 

Devil était encore en train de penser à ce qui lui était arrivé dans le lac. Il avait eu si peur. Quand le regard des ondines avait croisé le sien, il  s’était senti d’un coup attiré par leurs grands yeux bleus clairs. D’un coup, il avait eu l’impression qu’il pouvait les accompagner sans qu’aucun danger ne puisse l’atteindre, il se sentait prêt à tous les sacrifices possibles pour accompagner les belles jeunes femmes. Il comprit alors pourquoi autant d’hommes leur avaient succombé. Le retour d’Équelius et de Sauveur le fit sortir de ses rêveries.

- Nous avons trouvé pas mal de choses, lâcha Sauveur en faisant tomber du sac plein de nourritures différentes.

Il fit un clin d’œil complice à Équélius qui lui répondit en donnant un petit coup de patte sur le bras du jeune homme.

Liberty regarda par terre. En effet, il y avait une multitude d’aliments plus colorés les uns que les autres. Elle était en train de se demander si tout se pouvait se  manger. Il y avait des sortes de racines vertes, marrons. Certaines étaient même striées. Il y en avait avec des odeurs doucereuses, agréables et d’autres avec des odeurs amères.

-Vous êtes sûrs que tout se mange ? demanda t elle avec dégoût en tenant l’un des bulbes à l’odeur acide du bout des doigts.

- Oui, c’est Équélius qui m’a recommandé de les prendre. Il n’y a donc aucun danger ? répondit Sauveur.

Au même instant, ils virent Puélo arriver. Sur le coup de la surprise, ne sachant pas qui il était, Sauveur fonça sur lui, tête en avant tel un taureau. Liberty et Devil n’eurent même pas le temps de décrocher un mot pour expliquer la situation que le pauvre Puélo était déjà à terre avec plein de fruits qui l’entourait. Sauveur était sur lui à califourchon prêt à lui asséner des coups de poings dans la figure.

-Non, pas taper gémit la créature apeuré. Moi, gentil.

Le pauvre être essayait de se recroqueviller sur lui-même afin d’évincer un maximum de coups provenant de son adversaire.

-Arrête Sauveur hurla Devil, il est de notre côté. C’est lui qui m’a sauvé dans l’étang.

Devil, assis sur la bestiole difforme, l’observa de haut en bas. Il se remit debout et tendit la main à Puélo tout en s’excusant d’avoir réagi aussi vivement.

La créature s’épousseta, tête baissée, les yeux remplis de larmes.

- Pourquoi tout le monde taper Puélo ? Puélo gentil répétait il sans cesse.

Devil se rapprocha de celui qui l’avait préalablement sauvé et mis un de ses bras autour de son cou.

-Il ne pouvait pas savoir voyons. Il pensait que tu allais nous faire du mal expliqua t-il.

Sauveur se rapprocha alors et reformula des excuses. Il aida la créature à se remettre debout.

Puélo récupéra avec l’aide des garçons la nourriture tombée à terre ainsi que les gourdes remplies d’eau.

- Tenez, nourriture pour vous. Puélo a pris des choses bonnes murmura t-il encore un peu choqué  par ce qui venait de se passer.

- Merci beaucoup de ton aide, lança Liberty. Pour nous faire pardonner, veux-tu bien manger avec nous ? Ce sera le repas de la réconciliation, d’accord ?

-Puélo veut bien, lâcha la créature avec un sourire béat sur son visage hideux.

 

 

 

 

 

 

Le repas était presque terminé et tout le monde s’était rassasié plus qu’il ne fallait.

-Je n’en peux plus, souffla Liberty, j’ai trop mangé.

Elle s’allongea avec les mains sur le ventre.

- Je dois dire que c’est pareil pour moi, admit Sauveur, qui était assis.

- Puélo, insista Liberty, tu es sur que tu ne veux pas venir avec nous. Tu nous serais d’un grand secours tu sais. On ne connaît pas du tout ton monde. Il est tellement différent du nôtre.

- Merci non, Puélo reste ici. Puélo préfère. Puélo aime bien le lac. Etre calme ici.

-Calme ? répéta Devil stupéfait, tu oublies les ondines…

- Ondines, mettre un peu d’actions dans calme.

Les trois amis rigolèrent à la dernière phrase de Puélo. Ils n’avaient pas l’habitude d’avoir des actions comme cela dans le monde d’en haut. Le pauvre être les regardait sans comprendre pourquoi ils riaient et fut vexé un instant le temps  croyant que c’était de lui qu’on se moquait. Liberty, constatant  la tête renfrognée de Puélo lui expliqua le pourquoi de cette hilarité et tous partirent d’un grand éclat de rire.

Ils pouffaient  encore de rire en saluant Puélo avec de grands au revoirs et en le laissant derrière eux.

( 5 mars, 2013 )

chapitre 10

Chapitre 10

 

Devil avait mis sa tête sur les genoux de Liberty et fermait les yeux. L’épisode avec l’ondine l’avait éprouvé. Peu de temps après, Liberty entendit le souffle régulier de son ami. Ce dernier s’était assoupi. Elle le regarda tendrement et posa sa tête délicatement par terre pour ne pas le réveiller. Elle aussi avait eu très peu de ne plus jamais revoir son ami. L’épisode avec l’ondine s’était passé tellement rapidement. Elle s’en voulait de ne pas avoir pensé à la baguette que la fée lui avait donnée.

- C’est pas possible, j’aurais du penser à lancer un sort pour faire revenir mon ami sur terre. Au lieu de cela, je gaspille des sorts pour faire des sacs, marmonnait-elle les yeux pleins de larmes. Je suis vraiment nulle. Incapable de penser à quoique ce soit. Il est clair qu’en cas de danger, personne ne peut compter sur moi, je perds tous mes moyens.

-Toi être bien injuste avec toi-même, murmura une voix criarde et désagréable.

Liberty sursauta et chercha d’où provenait le son. Tout en séchant rapidement  ses larmes avec la main,  elle scruta partout autour d’elle, derrière les bosquets, derrière des arbres mais rien.

-J’ai peut-être rêvé se rassura t-elle. Ca doit être la fatigue, la soif et la faim qui me donnent des hallucinations.

Elle regarda Sauveur qui continuait de dormir tranquillement. Elle décida, elle aussi, de chercher de quoi manger et boire dans les environs tout en pensant qu’il était dommage qu’il y ait autant d’eau à côté d’eux sans pour autant pouvoir s’en servir.

Elle se mit à se frayer un chemin dans les fourrés mais tandis qu’elle n’avait avancé que de quelques pas, elle entendit un bruit près du campement. Elle se mit à courir en espérant que ce n’était pas encore un monstre qui avait emmené Devil. Si c’était le cas que pourrait-elle faire avec son petit gabarit ?

Elle se rapprocha de son ami mais n’aperçut aucun danger. Elle vit par contre que des grandes feuilles avaient été transformées en quatre grands verres avec de l’eau fraîche à l’intérieur. De même, la gourde qu’avait laissée Sauveur était totalement remplie. Liberty n’en croyait pas ses yeux. Elle se mit à boire avidement un des grands verres et se mit à se mouiller les cheveux avec la gourde.

-Que ça fait du bien, s’extasia t-elle heureuse.

Puis, elle se mit à parler fort exprès pour attirer l’être qui leur avait offert ce présent.

-Bon, je vais chercher les autres pour leur annoncer que nous avons de l’eau, hurla t-elle. Je suis sûre qu’ils seront contents. Ah mais oui, le problème est que j’ai bu beaucoup d’eau déjà dans la gourde, ils n’en auront pas assez. Ils risquent d’être déçus. Ce n’est pas grave, je vais les prévenir quand même.

Elle se mit à marcher vers un buisson et se cacha derrière lui. Au même moment, elle vit un être difforme, tout maigre avec la peau blafarde apparaître. Il n’était vraiment pas beau du tout, il avait un grand crane chauve, le visage émacié, des oreilles pointus et des yeux exorbités. Son corps faisait apparaître des côtes proéminentes. Il n’était pas très grand. Le personnage avança prudemment près de Devil sans le réveiller, prit la gourde ainsi que le verre vide et les remplit avec l’eau du lac. Liberty sortit alors promptement de sa cachette. Le petit individu lâcha le verre et la gourde de surprise. L’eau s’écoula sur le sol. Il resta immobile tant la surprise était grande.

-Ne t’en vas pas le supplia Liberty d’un air doucereux. Je t’en prie ne t’en vas pas.

Tandis qu’elle s’approchait de l’homme, elle sentit une odeur de plus en plus forte qui lui entraina provoqua presque la nausée. Néanmoins elle se retint d’un quelconque commentaire.

Le petit personnage se mit à se recroqueviller sur lui-même presque honteux mais ne s’en alla pas.

Liberty continua de lui parler tout en s’approchant de lui.

-Merci beaucoup de nous apporter de l’eau.

L’individu regarda Liberty dans les yeux et lui dit d’une voix criarde.

-De rien. C’est rare Puélo rencontrer gens ici.

Le son nasillard de la créature réveilla Devil. Sans un mot, le jeune homme se leva          promptement et malgré l’odeur qui empestait l’air, serra le petit homme dans les bras.

-Merci, merci beaucoup. Je te dois la vie s’écria t-il

Liberty les regarda d’un air stupéfait.

- Comment ça, il t’a sauvé la vie questionna la jeune fille.

- Oui, c’est lui qui a  combattu  l’ondine , ce qui m’a permis de reprendre mon souffle et d’être sauvé par Equelius. Je lui dois beaucoup.

Le garçon regarda l’être difforme au sourire édenté.

- Comment t’appelles tu ? Et de quelle race es tu ? demanda Liberty rassurée.

-Je m’appelle Puélo. Puélo est  un Urisk. Puélo est le seul de sa race à vivre ici. Il y  a d’autres Urisks dans certains étangs paraît il mais Puélo ne les a jamais rencontrés. Puélo et eux sont des âmes solitaires. Puélo veut des amis. A cause du physique et de la puanteur de Puélo fait fuir les autres. Les gens ont peur de Puélo. Pourtant, Puélo n’est  pas méchant. Puélo aime aider les autres espèces. Pour l’ondine, ça faisait un moment que Puélo voulait se venger. Puélo avait un jour trouvé un ami avec qui Puélo avait  partagé pas mal de choses. Puélo et lui étaient bons copains, Puélo racontait des secrets et copain aussi à Puélo mais l’ondine l’a emporté avec elle dans le fond de l’étang. Puélo ne s’en est jamais remis.

L’avoir combattue, a fait un bien fou à Puélo et ça a permis à Puélo de sauver le jeune garçon.

-Veux tu être mon ami ? demanda Devil avec sincérité.

L’être difforme le regarda fixement avec les yeux embués de larmes.

-Oh que oui Puélo veut bien, répondit il.

-Veux tu venir avec nous ? Nous avons une quête à faire pour les fées blanches. Nous devons combattre Bousemat, tu connais ?

A ces mots, Puélo fut apeuré et recula.

-Non Puélo ne peut pas. Puélo doit surveiller le lac.

-Tu as peur Puélo ? demanda Liberty.

-Puélo jamais peur, se mentit le petit être, mais Puélo doit surveiller étang répéta t-il.

-C’est dommage, se plaignit Devil . Je ne peux pas te forcer mais sache que je te serai éternellement reconnaissant pour ce que tu as fait pour moi.

- Puélo content, sourit le personnage. Puélo allait chercher de l’eau pour copains et Puélo allait chercher nourriture aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( 5 mars, 2013 )

chapitre 9

Chapitre 9

 

 

 

Le jour commençait à se lever et personne ne s’était rendormi depuis l’apparition de Equelius. Devil décida de prendre le reste de repas mais n’avait aucune idée de comment les porter. Il ronchonnait malgré lui tout en essayant différentes possibilités de maintenir les différentes vivres mais à chaque fois, le résultat était le même et la nourriture tombait à terre.

-C’est pas vrai ça, maugréa t-il. Je n’arriverai jamais à porter tout ça sans un sac.

-Je pourrai peut-être pour la première fois me servir de la baguette magique pour créer une besace, intervint Liberty.

-Oui, ça serait une très bonne idée, avoua Devil d’un ton enjoué. Tu es sure de savoir t’en servir ?

-Normalement, oui, mentionna la jeune fille. Ce qui m’embête un peu c’est que je ne peux l’utiliser que cinq fois. Ne croyez vous pas que c’est un peu bête de l’utiliser pour un vulgaire sac ?

-Mais non. Est-ce que l’un de nous sait en  fabriquer un  ici ? Je ne pense pas. Donc, utiliser un sort pour quelque chose d’indispensable ne me paraît pas inutile, commenta Devil.

Liberty hocha la tête et prit la baguette dans la main. Elle fit un mouvement en avant avec son poignet tout en marmonnant quelque chose d’inaudible pour les autres. Les enfants et le cheval virent alors apparaître un sac qui faisait au moins trois mètres de haut.

-Je crois que j’ai oublié quelque chose commenta Liberty.

-Je crois en effet, se moqua Sauveur.

-Pas le droit de ricaner, lâcha la jeune fille vexée tout en reprenant le même mouvement qu’auparavant.

De nouveau, elle dit les choses de façon à ce qu’on ne l’entende pas.

L’objet se mit  à rapetisser pour avoir la taille d’une musette tout à fait normale.

-Alors, hein, tu vois bien que j’ai réussi s’écria Liberty.

-Je dois bien avouer que tu as tout mon respect sur ce coup là, agréa Devil.

-Par contre, deux sorts ont été utilisés du coup. Il ne restera plus que trois autres sorts. Il faut vraiment utiliser cette baguette qu’en dernière possibilité, indiqua Liberty.

-Je suis tout à fait d’accord avec toi, confirma Devil. Il faut que nous gardions les deux derniers sorts que si nous avons vraiment besoin.

Liberty était contente, elle avait l’impression de retrouver son ami de toujours et non l’espèce  d’être méchant être qu’elle avait pu entrevoir lors de la rencontre avec la fée. Elle se dit qu’elle lui parlerait de l’incident qui s’était passé en tête à tête.

-Tout le monde est prêt ? lança Sauveur. Je peux prendre le sac si tu veux Devil. Il doit être un peu lourd avec toutes les choses qu’on emporte.

-Non, je pense que ça ira pour le moment, je te remercie, lui répondit Devil d’un ton sincère. Si je sens que je fatigue, je te le redonnerai. Au fait, j’ai repris avec nous la petite fleur lampe avec nous. Elle peut nous être utile.

- Sa luminosité n’a qu’une durée limitée, annonça Equelius. Tu peux toujours la prendre mais je ne suis pas sûre que d’ici ce soir elle pourra encore servir. Au pire, nous en reprendrons une en chemin. C’est une plante qui est assez courante par chez nous. Je connais quelques petits trucs sur les fleurs et certains effets qu’elles peuvent produire. Je vous en ferai part quand nous en croiserons, enfin si nous en croisons car certaines d’entre elles sont extrêmement rares et forcement très recherchées par les magiciens.

-Les magiciens ? s’enquit Sauveur amusé. Cela n’existe que dans les jeux de rôles ou sur scène avec des tours d’illusion préparés.

-Oh que non hélàs, poursuivit Equélius. Je ne sais pas ce dont tu parles quand tu dis qu’ils préparent leur tour. Ici, ce sont de vrais sorciers  qui sont capables de beaucoup de choses, de bonnes comme de mauvaises. Ils sont très puissants et également très craints. On dit que certains se sont alliés avec Bousemat mais on n’a jamais pu le prouver. En ce moment, tous les peuples ou presque sont partagés entre le mal et le bien. Certains préfèrent s’allier aux forces du mal de peur d’être anéantis, d’autres au contraire luttent pour que le mal ne se propage pas. Il faut vraiment se méfier.

- Merci de tes conseils, Equelius confia Liberty. Je pense que t’avoir dans notre équipe est une vraie bénédiction. Je crois que nous pouvons y aller.

Les compagnons hochèrent la tête de haut en bas.

 

 

Cela faisait maintenant une heure ou deux  qu’ils marchaient dans des herbes plus ou moins hautes. La nature était prolifique. Les adolescents pouvaient voir des arbres aux couleurs or et argenté mais aussi des plantes de toutes les couleurs semblables à des arcs en ciel. Ils avaient croisé plusieurs fois de drôles de petits animaux. Certains ressemblaient presque à des lapins sauf que ces derniers se tenaient debout sur deux pattes, d’autres pouvaient s’apparenter à des biches mais là encore des différences existaient. Il leur suffisait de voir les poils très longs et la crinière de la bestiole qui était d’un rouge clair pour confirmer qu’il s’agissait d’une espèce qu’il ne connaissait pas. Parfois également, ils n’entendaient que des bruits ou des murmures mais ne voyaient pas de quoi  il s’agissait. A force d’avancer, Ils commençaient tous à fatiguer. Plusieurs fois, Equelius s’était proposé de porter deux d’entre eux en même temps pour que les enfants puissent se reposer un peu mais ils avaient refusé en lui disant qu’ils auraient certainement besoin de lui  pour autre chose très prochainement. Le soleil dans le ciel était presque au zénith et il faisait une chaleur pesante et cuisante. La gourde qu’avait remplie Sauveur à la cascade où le poisson lui avait parlé, était presque vide.

-Il faut se trouver une source d’eau lança épuisée Liberty, sinon nous n’arriverons pas au bout de ce que nous voulons faire. Nous mourrons avant de déshydratation. Equélius, dit –elle en observant la carte que lui avait remis Édeline, peux tu t’envoler et voir si en effet, il n’ y a pas l’étang dont parlaitLa Reineun peu plus loin s’il te plait ?  A priori, on pourra boire là-bas et remplir la gourde. On ne devrait plus en être très loin.

-Pourquoi ne pas utiliser la baguette ? lança Sauveur épuisé. Nous pourrions demander de l’eau.

-Nous nous sommes mis d’accord, rappela Liberty exténuée. Si nous pouvons éviter de l’utiliser, nous le ferons. Vas-y  Equélius, nous t’attendons.

Les trois amis s’assirent à terre en regardant s’envoler le magnifique cheval dans les airs. Cinq minutes après, Equélius revint avec de bonnes nouvelles.

-Il y a en effet l’étang noir à cinq minutes à pieds. L’eau est brunâtre mais a priori potable car j’ai vu des espèces de poissons sauter hors de l’eau. Je pense que nous pourrons nous baigner et nous reposer. Nous pourrons même nous restaurer un peu avant de reprendre notre route.

-Ok, allons-y alors reprit Sauveur. Conduis-nous à cet endroit de pur bonheur où nous pourrons enfin boire Equélius.

Tout le monde suivit à la queue leu leu  le cheval ailé, pressés de pouvoir enfin se rafraîchir. Cinq minutes après, ils virent un étang qui n’était pas bien grand mais dont l’eau  était d’une couleur non avenante. Devil commença à courir pour rentrer dans l’eau mais Sauveur le retint par les vêtements.

-Mais, qu’est ce que tu fais,bon sang ? cria Devil très en colère.

- Je suis les conseils de Édeline. Elle nous a dit de nous méfier de tout.

Ils regardèrent tous un instant l’étang mais rien ne sembla signaler un danger quelconque.

- A priori, ca n’a pas l’air d’être dangereux dans le coin, signala Devil. Je pense que nous pouvons y aller.

Il s’avança dans l’eau.

-Que ça fait du bien, bon sang, s’écria t-il. Venez donc vous n’avez rien à craindre. Regardez, il ne m’arrive …..

Tout à coup, sous les yeux médusés de ses amis ainsi que d’Equélius, Devil disparut d’un seul coup. Il ressortit la tête un bref instant en appelant à l’aide. En même temps, les trois amis virent la tête d’une magnifique jeune fille aux cheveux couleur d’or qui les fixait et leur souriait.

- Bon sang, c’est une ondine. Elle va entrainer Devil dans le fond de l’eau, hurla  Liberty paniquée. Il faut qu’on trouve quelque chose vite. Equélius, vole au dessus de lui pour voir si tu peux attraper un de ses bras, Sauveur, regarde si nous n’avons pas des choses brillantes dans le sac que nous pourrions lui donner en offrandes. Dépêchons nous bon sang, il ne survivra pas longtemps.

Sur ce, Equélius pris son envol et tout en restant à bonne distance de l’eau surveilla la moindre apparition d’un bras ou d’une jambe de Devil qu’il pourrait attraper. Sauveur était en panique totale vidant les objets qui se trouvaient dans le sac dans tous les sens.

-Je ne trouve rien ne cessait il de répéter en proie à l’effroi.

Liberty regardait impuissante ce qui était en train de se passer. Elle avait l’impression d’un mauvais film fantaisy. Tout à coup, elle entendit un cri terrible qui provenait de l’eau. C’était un cri inhumain qui glaçait le sang. Au même moment, Devil réapparut nageant à toute vitesse pour retrouver la terre ferme. Equélius s’élança vers lui.

-Attrape ma crinière, je vais te sortir de là s’écria t-il.

Devil ne se le fit pas dire deux fois et il empoigna les poils de l’animal. L’ondine ne dit pas son dernier mot pour autant. Elle attrapa la cheville du garçon qui commençait à s’élever dans les airs. Elle tirait  tellement fort que le jeune homme recommençait à redescendre dans les eaux brunâtres. Un autre cri se fit entendre. C’était l’ondine qui luttait avec quelque chose dans l’eau. La chose en question força la créature à lâcher sa prise. Equélius  en profita pour tirer d’un coup Devil hors de l’eau et  le transporta hors du danger. Il le posa sur la terre ferme à côté de ses amis.

Le jeune garçon se mit à pleurer doucement.

-Je ne l’ai pas vu arriver, sanglotait il. Quand je l’ai aperçue, c’était trop tard, je ne pouvais plus rien faire. J’étais comme paralysé par sa beauté. Quelque chose est intervenue pour me sauver. Je ne sais pas quoi. Tout s’est passé si vite.

Liberty mit son bras autour de son épaule pour le consoler et le rassurer. Equelius regardait également Devil. Quant à Sauveur, il se demanda qui avait pu sauver son ami. Il crut voir au loin un petit être difforme sourire.

- Le mieux est que tu te reposes, lui signifia Sauveur. Nous allons essayer de chercher des fruits qui pourraient nous couper un peu la soif. Equelius nous aidera dans notre recherche car il connaît pas mal de plantes et de fruits. Tu es d’accord ?

-Oui sans problème, agréa le cheval. J’ai cru voir tout à l’heure en survolant le paysage quelques arbres avec des fruits réputés pour être  juteux .

-Liberty, reste avec lui au cas où, ordonna Sauveur. Nous revenons le plus vite possible. Repose toi mon pote. Tu nous as fait une grande frayeur en tout cas le taquina t-il tout en lui donnant un petit coup de poing sur la joue.

- Je m’en serais bien passé siffla Devil encore sous le coup  de l’angoisse.

-Allons-y Equélius, annonça Sauveur. Euh tu peux me prendre sur ton dos pour une fois, dis ?

-Allez, demande acceptée, sourit le cheval.

Sauveur grimpa sur lui  en le  tenant fermement par la crinière. Il émit un petit cri de surprise et de plaisir confondus  quand il s’envola dans les airs. Pour la première fois de sa vie, il avait l’impression d’avoir des ailes et de planer tel un oiseau.

 

 

 

 

 

 

 

( 5 mars, 2013 )

chapitre 8

Chapitre 8

 

Après cet incident, Édeline avait demandé aux jeunes d’oublier ce qu’il venait de se passer et surtout de se tenir souder pour pouvoir affronter les épreuves qu’ils allaient rencontrer. Elle avait donné une petite carte faite de manière très succincte de l’endroit où ils se trouvaient actuellement et d’où ils devaient se rendre. Plusieurs contrées étaient indiquées dont « le lac des abysses » et « la forêt des bois hurlants ». Elle lui avait également remis une petite baguette magique taillée dans un bois blanc qu’elle avait fait grandir grâce encore une fois à une de ses formules magiques puis l’avait remise à Liberty. Elle avait également pris la jeune fille à part pour lui expliquer comment s’en servir en lui mentionnant bien qu’elle ne pourrait l’utiliser que cinq fois. Puis, elle avait demandé à certaines fées de ramener quelques agapes afin que les adolescents se restaurent un peu. Une sorte de fleur très bleue leur fut remise qui produisait une magnifique lumière tamisée. Cette plante se nommait luminesia. Cet éclairage leur donnait une impression de douceur. La fleur expulsait en même temps un parfum agréable, mélange de vanille et de jasmin qui permettait de s’évader par la pensée et se trouver dans des endroits tropicaux aux milles senteurs. Une fois quela Reines’aperçut qu’il ne manquait rien à ses hôtes, elle leur préconisa un bon repos dans la cabane. Elle les avertit qu’elle les retrouverait le lendemain matin avec une carte qui leur montrerait quel chemin emprunter pour gagner les différents lieux puis pour arriver à la grotte de Bousemat.

Une fois partie, les  trois amis se mirent à discuter devant la cabane avant d’aller se coucher. Devil se mit à maugréer.

- Vous vous rendez compte de ce qu’on va devoir accomplir ? On se croirait dans un mauvais jeu de rôle. Au fait, que t’a-t-elle dit par rapport au fonctionnement de cette « magnifique baguette » ? ironisa t-il.

-Elle a bien insisté annonça Liberty que je ne devais pas vous en parler. J’ai promis que je ne le ferais pas et elle m’a touché pour savoir si j’étais sincère ou non. Ce fût le cas. Ne vous en faites pas en tout cas, cette baguette est là pour nous protéger. On ne peut  faire que des actions bénéfiques avec. C’est tout ce que je puis vous dire.

- Alors, est ce que si quelqu’un nous attaque par exemple, cette baguette servira ? s’enquit Sauveur.

-Normalement non, expliqua Liberty. Elle n’est pas là pour faire du mal mais pour nous dépanner.

-Eh bien, elle va nous servir à beaucoup de choses surtout si on rencontre des monstres assoiffés de sang. C’est vraiment du n’importe quoi fulmina Devil.

La jeune fille avait du mal à reconnaître l’ami si doux et si tendre qu’elle connaissait depuis si longtemps. Elle avait l’impression qu’il avait totalement changé de personnalité. Lui qui n’osait en général jamais hausser la voix, n’arrêter pas de rouspéter pour un rien ou encore de s’opposer à des créatures fantastiques. Elle ne comprenait pas du tout ce qu’il se passait. Peut-être l’inquiétude prenait le pas sur son caractère jovial et rendait son ami agressif. Elle voulut en parler à Sauveur pour savoir si lui aussi avait noté ce changement.

- Sauveur, tu veux bien qu’on aille arranger notre coucher dans la cabane ?

La jeune fille espérait du fond du cœur qu’il dirait oui sans chercher à comprendre et que Devil ne les accompagnerait pas.

-Si tu veux, fit le jeune homme qui se releva prestement et se dirigea vers l’intérieur de la petite maison pour rejoindre Liberty.

- Vous n’avez pas besoin de moi ? voulut s’assurer Devil avec un brin de jalousie dans la voix.

-Non, non rétorqua Liberty. Tu peux finir de manger tranquille. Profite.

Liberty rentra également dans la cabane et murmura à l’oreille de Sauveur.

-Tu ne trouves pas que Devil a changé ? demanda t-elle inquiète à son ami.

-Oui, c’est vrai, je suis d’accord avec toi. D’habitude, il est cool, ne cherche pas les histoires et ne tient pas tête comme ça. Je suis vraiment très étonné chuchota Sauveur. Je me demande ce qui a bien pu lui arriver.  Essaye de te rappeler ce que vous avez fait. N’y a-t-il pas quelque chose qui aurait pu expliquer ce changement si soudain ?

Liberty réfléchit un petit moment et se remémorant la journée qu’ils venaient de passer, elle annonça en murmurant de façon triomphante.

-Un truc pourrait expliquer ce qu’il vient de se passer. Je me souviens que, lorsque nous avons gouté les fruits, Devil avait pris un fruit d’aspect très appétissant mais avec une saveur à le faire vomir. Quand je lui ai demandé s’il avait tout recraché, il m’a dit qu’il pensait avoir avalé un peu de jus. Est-ce que cela pourrait influencer son caractère ?

-Qui sait, reconnut Sauveur. Nous sommes dans un univers où nous ne connaissons rien.

-Bon, alors ? se plaignit Devil à l’extérieur. Vous êtes en train de nous confectionner des couettes et des couvertures ? ou faire autre chose ?

Les deux amis à l’intérieur de la cabane savaient bien ce que signifiait le « autre chose ». A cette pensée, ils se regardèrent en rougissant.

-Non, non, tu peux rentrer, lança joyeusement Liberty. Tout est prêt.

Devil apparut le visage fermé dans l’encadrure de la porte. Il les regarda froidement tous les deux et dit d’un ton ne tolérant aucune réplique.

-Lili, tu dormiras entre nous deux, comme ça pas de jaloux.

Les deux amis fixèrent leur copain et oscillèrent la tête pour dire oui.

Une fois allongés, Devil lança une bonne nuit auquel répondirent les deux adolescents  avant de s’endormir profondément.

 

 

Pendant la nuit, Liberty fut réveillée par des bruits étranges. Le son était étouffé et ressemblait à quelqu’un ou quelque chose qui mangeait. Elle essaya de distinguer ses camarades dans le noir mais y arriva à peine. Elle ne savait pas quoi faire. Devait-elle les réveiller ou regarder discrètement ce qui se passait à l’extérieur de la cabane. Les bruits continuaient et semblaient proches. Malgré la peur, elle prit la décision de s’avancer et jeta un coup d’œil furtif. La fleur bleue éclairait encore le lieu où ils se trouvaient tout à l’heure pour se restaurer. Elle regarda  l’animal qui se trouvait de dos et qui semblait manger le reste de leur repas. Elle sortit sur la pointe des pieds et vit que c’était en fait un magnifique cheval blanc. Il avait une crinière magnifique qui lui descendait jusqu’à la moitié du poitrail. Sa queue était blanche également et d’une longueur incroyable. Il lui sembla que cette dernière lui arrivait presqu’aux pattes arrières. Elle n’avait jamais vu une monture aussi impressionnante avec un tel charisme. Elle se rapprocha doucement de la bête. Au moment où elle allait la toucher, le cheval déploya de magnifiques ailes et s’envola un peu plus loin. Liberty resta bouche-bée. Elle ne s’attendait pas du tout à voir un tel mouvement de la part d’un équidé. Elle se rappela alors de ses nombreuses lectures sur les animaux mythologiques. Ce cheval lui faisait étrangement penser à un pégase. Dans la mythologie, elle se souvenait que ce dernier avait  fait jaillir une source qui était devenue une mine d’inspiration poétique pour les hommes. Liberty tacha de l’appeler  en murmurant, pour d’une part, ne pas l’effrayer et d’autre part, ne pas réveiller ses compagnons.

-Viens me voir, je ne te ferai pas de mal.

Le cheval gratta de son sabot, secoua la tête de haut en bas faisant bouger sa magnifique crinière.

-Viens me voir mon beau, répéta t-elle en avançant la main.

La bête recula tout en  observant les mouvements de Liberty. La jeune fille pensa d’un coup à quelque chose. Se mettant à réfléchir à voix haute, elle murmura.

- Si vraiment tu es l’animal qui a fait naître l’inspiration poétique, peut-être faut il faire des vers pour t’appeler et te toucher.

Elle refit le même geste que précédemment. Elle s’avança tout en mettant sa main en avant pour toucher la bête.

- Tu peux t’approcher, jamais de mal je ne te ferai.

L’animal à sa grande surprise, se rapprocha et lui répondit d’une voix grave.

-J’attendais que tu découvres mon  secret. Celui  me permettrait de me parler.  Je vois en toi beaucoup de sincérité.  Je m’appelle Equilius. Je suis le roi du peuple des pégases qui se trouve un peu plus au sud vers un village qui se nomme Rarmine.

Liberty écoutait attentivement le discours du cheval ailé.

- Mais, pourquoi n’es tu pas avec les tiens ?se risqua de demander  la jeune fille.

- C’est long à expliquer, se lamenta t-il. Pour faire simple, ma bien-aimée m’a été enlevée pour je ne sais quelle raison par un être mauvais surnommé Bousemat.

-Nous en avons déjà entendu parler, confia Liberty.

-Il lui a tendu un piège en lui faisant parvenir un mot avec des rimes qui lui disait que j’étais en danger et qu’il fallait qu’elle vienne absolument m’aider à un endroit précis, continua l’équidé avec une voix chevrotante, prêt à pleurer. Je n’étais pas en danger mais en train de chasser avec des amis. Quand je suis revenu dans mon clan, une de ses amies, qui l’avait suivie en cachette,  m’a raconté ce qu’il était arrivé. Par mesure de précautions, j’ai demandé à mon peuple ne restait soudé et de se mettre à l’abri dans un lieu connu de moi-seul. Pour ma part, je suis depuis à la recherche de ma belle.

-Je suis désolée pour toi, reprit Liberty avec sincérité. Quand cela est il arrivé ?

-Avant-hier, soupira le cheval. Tel que tu me vois, je suis épuisé. En voyant qu’il vous restait des vivres, je n’ai pu m’empêcher d’en dérober afin de reprendre quelques forces et de repartir à sa recherche.

-Veux-tu que mes deux amis et moi , nous t’aidions ? Nous devons également voir Bousemat pour des raisons qui nous sont propres, demanda Liberty.

Nous ne sommes pas d’ici et nous aimerions rentrer chez nous. De plus, nous devons aider une fée qui est devenue une amie.

- Cela n’est pas de refus. Bousemat est un être abject, méchant et nous ne serons pas assez de quatre pour venir à bout de ses pouvoirs.

-Ses pouvoirs ? reprit Liberty, inquiète.

- Oui, confirma Equilius. Nous ne savons pas grand-chose de lui car il fait souvent faire ses actions par d’autres êtres aussi malfaisants que lui ou qui sont sous son joug. Ceci dit, beaucoup disent qu’il utilise la magie noire pour obtenir ce qu’il veut.

-Mais qu’est ce que c’est que ce bruit ? demanda Sauveur les yeux dans le vague, la voix endormie et les cheveux ébouriffés. Quelques secondes après et reprenant ses esprits, il hurla, non sans surprise dans sa voix.

-Mais qu’est ce que c’est que ça ?

-C’est un pégase reprit Devil qui le suivait d’un pas. Il est magnifique. Je pensais ne jamais en voir de ma vie. C’est fantastique, n’arrêtait –il pas de dire en contournant l’animal et en le regardant sous tous les angles.

-Il s’appelle Equelius et voilà ce qu’il lui est arrivé, commenta Liberty.

La jeune fille fit un bref topo de la situation à ses amis et leur expliqua que le cheval ferait parti de leur expédition.

-Je pense que nous ne serons pas trop de quatre pour trouver ce Bousemat, lâcha Devil.

-C’est exactement ce que j’ai dit à la jeune fille tout à l’heure, acquiesça  le cheval ailé en remontant ses lèvres supérieures.

 

( 5 mars, 2013 )

chapitre 7

Chapitre 7

Les fées accompagnèrent Liberty jusqu’au campement et s’affairèrent de ramasser des branches et feuilles comme le lui avait demandé la jeune fille.

Liberty sourit tout au départ de voir ces petites créatures ramener de tout petits bout bois  qui faisaient à peu près leur taille. Le bois qu’elles ramassaient était de couleur blanche. Pour constituer le toit et le matelas, elles prenaient de toutes petites feuilles rouges dont la texture était comme de la soie. Liberty se demanda comment les feuilles et les bouts de bois pourraient leur servir à construire une cabane ou à recouvrir un toit. Elle se mit à parler à la reine avec un ton amical et chaleureux pour ne pas les vexer.

-Euh, Édeline, je ne sais comment vous le dire, mais je trouve que les morceaux de bois que vous rapportez sont un peu petits pour notre taille.

Elle prit un morceau de bois dans sa main et le mit à côté d’elle pour faire constater à la créature, qu’en effet, les choses qu’elles avaient  rapportées n’étaient pas à sa taille. Édeline ne sembla pas se préoccuper de sa remarque et continua à aller chercher ce qu’il fallait.

Liberty ne savait comment faire pour lui faire comprendre que ce que les créatures portaient, n’était pas ce qu’il fallait. Alors qu’ Édeline était en train de ramener une autre petite branche, la jeune adolescente se mit devant elle en espérant, cette fois çi, qu’elle ne l’ignorait pas.

- Édeline, se lamenta t-elle, je vous assure que c’est très gentil ce que vous faites mais…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle entendit la petite créature dire des mots dans une langue inconnue en feignant de s’adresser au monticule de bois qu’elle avait ramené avec ses compatriotes. A ce moment, Liberty vit les branches se rallonger, se rallonger et devenir à la taille qu’elle souhaitait initialement. Les feuilles devinrent également plus touffues et plus grandes prêtes à servir pour le toit et pour le matelas. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle regardait ce spectacle, la bouche grande ouverte. Édeline semblait s’amuser de la  tête que faisait l’adolescente. Le résultat était bluffant. Toutes les feuilles et les branches étaient d’un format conforme aux souhaits qu’avait formulé la jeune fille initialement.

- Mais comment avez-vous fait ça ? murmura t-elle.

Là encore, à peine avait t-elle fini sa question, que Édeline se mit à réciter de nouveaux des mots dans un langage inconnu mais qui faisaient penser à une sorte de formule magique. La reine les criait de sa plus forte voix  (mais vu sa taille il était clair que le son n’était pas très puissant). Là, sous les yeux ébahis de la jeune fille, les objets se mirent à s’enfiler les uns sur les autres, d’autres s’attachèrent entre eux grâce à des lianes que n’avaient, au  départ, pas remarqué Liberty. Le tout se faisait à une assez grande vitesse. A une vitesse prodigieuse,  la cabane se construisait avec un toit couvert de belles et grandes feuilles rouges. La maisonnette était assez grande et pouvait sans problème accueillir les trois jeunes gens. Le matelas était également fait. L’adolescente se mit sur le grand matelas et se rendit compte que ce dernier était moelleux et confortable comme aucun lit où elle avait dormi jusqu’à présent. Elle se releva promptement car elle se serait vite endormie, se sentant en sécurité et dans un confort optimal. Elle était en plus tellement fatiguée par rapport à ce qu’ils avaient vécu jusqu’à maintenant qu’un petit somme ne lui aurait pas fait de mal. Elle s’adressa à la reine des fées en lui faisant une révérence.

-Comment puis-je vous remercier pour ce que vous venez de faire ?

La fée la regarda dans les yeux et lui répondit d’un ton solennel

- Il viendra le jour où toi et tes compagnons seront d’une grande aide. A ce moment là, je te demanderai de nous aider. Votre présence, ici, avec nous, avait été écrite et prévue. Nous vous attendions.

- Comment écrite ?questionna la jeune fille en haussant des yeux stupéfaits. Sur quoi ? et où ça ?

- Dans notre grand livre qui s’appelle liberus salvus. Ce livre se passe de reine de fées à reine de fées. Il est donc dans nos mains depuis des générations. Il consigne des événements  qui se sont passés mais aussi le futur de notre peuple. Or, à un moment, une arrivée avec trois jeunes gens est marquée disant que ces derniers pourraient nous sauver de nos sœurs les fées sombres commandées par Bousemat.

-Il donne donc des conseils pour tuer cette créature que vous nommez Bousemat et sauver vos sœurs les fées noires, c’est ça ?demanda Liberty.

-En fait, c’est plus compliqué que ça puisqu’après l’annonce de votre arrivée et le fait que vous alliez peut-être nous sauver, rien n’est marqué. Les pages sont blanches. Nos anciennes sœurs ont juste marqué qu’elles ne pouvaient pas écrire la suite le futur dépendant exclusivement de vous. En conclusion, si vous ne trouvez pas comment nous sauver de Bousemat, le livre s’arrêtera et les pages blanches resteront blanches. Si vous réussissez par contre, les pages du livre seront de nouveau écrites puisque notre vie ne s’arrête pas. Vous comprenez ? Elles ont également mis la solution pour aller dans le monde d’en haut.

- Oui, mais pourquoi ne m’avez-vous pas dit tout ça tout à l’heure à notre première rencontre demanda la jeune fille.

La Reineprit une profonde inspiration et répondit :

- Je n’ai su que c’était toi que lorsque j’ai touché ton front et vu à l’intérieur de toi. J’ai pu entrevoir alors ton courage, ta ténacité, ton sens pratique et ta sincérité.

Édeline avait à peine terminé que les deux garçons arrivèrent au campement. Toutes les fées avaient disparues comme par magie et Liberty se retrouva seule face à ses amis. Il était pile dix-neuf heures trente. Le regard des garçons allait de Liberty à la cabane qui était terminée. Sous la surprise, Sauveur lâcha toutes les branches qu’il avait réussi à amasser pour construire le futur abri.

- Mais, comment as-tu fait ? s’écria Devil.

-Ce n’est pas possible, reprit Sauveur. Tu as des pouvoirs magiques ou quoi ?

- En fait, marmonna Liberty, on peut dire ça comme ça.

-Comment ça, on peut dire ça comme ça ? reprirent les deux garçons.

-Si je vous raconte, je ne suis pas sure que vous n’allez pas me prendre pour une folle.

-Tu sais, j’ai bien cru que vous me diriez la même chose avec mon poisson bavard… J’ai même hésité à vous raconter ce qui m’était arrivé aussi.

- Asseyez-vous, je vais vous raconter.

Liberty leur raconta sa rencontre avec les fées blanches, l’importance de certaines branches d’arbres et de feuilles qui contenaient des caractéristiques indispensables à leur survie. Elle leur expliqua qu’avec une de ses formules magiques,la Reinedes fées blanches avait changé des petits branchages en grandes branches qui avaient permis de construire leur cabane et que les feuilles avaient été transformées pour constituer un matelas confortable. Enfin, elle leur révéla qu’a priori leur venue était attendue dans un livre qui se passait de génération en génération.

Les deux garçons l’écoutaient attentivement. Devil se mit à sourire.

-Non, mais sérieusement, comment as-tu fait pour construire la cabane ?

À cet instant, des dizaines de petites fées se mit à apparaître et à sortir des feuilles qui les tenaient invisibles. La reine des fées s’avança vers le jeune homme qui devint d’un coup très pâle. Liberty avait presque envie de rigoler de voir son ami dans cet état, mais elle se retint de peur de le vexer.

-Ceci n’est pas une blague confirma Édeline. Tout ce que votre amie vous a dit est vrai. Je dois vous toucher le front pour voir si vous êtes bien les personnes que nous attendons.

La Reineavança la main vers le front de Sauveur qui se laissa faire. Elle lâcha le jeune homme. Elle confirma en souriant qu’il était bien du groupe décrit par le Liberus Sauvus, leur livre et que son fond était bon, qu’il était costaud, athlétique et toujours prêt à aider son prochain. Puis, elle s’approcha de Devil. Ce dernier à son approche se recula spontanément.

- Pourquoi me toucher ? se défendit il. Je fais certainement partie de la quête également puisqu’il y en a déjà deux sur trois. Je dois être le troisième.

La fée le rassura.

-Oui certainement. Ne t’en fais pas. Cela ne fait pas mal du tout.

Les deux amis regardèrent Devil et acquiescèrent par rapport à ce quela Reinevenait de dire.

Devil se rapprocha des petites mains de la fée. Cette dernière lui toucha doucement le front. Elle parut un instant inquiète fronçant les sourcils. Elle relâcha le contact et déclara d’un ton inquiétant.

-Tu es bien la troisième personne que nous recherchons. Il y a cependant quelque chose en toi qui me dérange. Je ne sais pas quoi. Tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup confiance en toi. De plus, tu as une mauvaise image de toi-même. Il y a tout un côté de ta personnalité qui ne m’a pas été donnée d’observer. Cela me dérange un peu. Pourtant, tu es le troisième, il n y a pas de doutes.

-Alors pourquoi se poser autant de questions, maugréa Devil vexé de ce qu’avait dit la fée. On ne va pas polémiquer pendant des heures.

-Que faut-il que nous fassions pour vous ? lança Liberty voulant excuser l’attitude  bizarre et inconvenante de son camarade.

-Il va vous falloir beaucoup de courage : outre le fait que vous allez devoir sauver notre peuple. Il vous faudra aussi récupérer un livre caché qui vous donnera une solution pour rentrer chez vous.

-Pourquoi ne pas aller chercher le livre en premier couina Devil. Nous pourrions rentrer chez nous directement.

-Le livre en question est entre les mains de Bousemat. Les fées noires protègent le livre également avec d’autres créatures maléfiques. Ce que je ne vous ai pas dit c’est que Bousemat veut non seulement avoir ce monde pour lui mais il veut également convertir tous les êtres de ce monde en êtres maléfiques pour attaquer le monde d’en haut, « votre monde ». Je sais qu’il a réussi à avoir quelques ingrédients qui lui permettraient de faire surface mais il lui manque aussi certaines choses, dont notre fluide qui lui servirait d’énergie. Je n’en sais pas plus.

Liberty sentit un frisson lui parcourir le dos.

-Que faut il que nous fassions ?  demanda Sauveur.

-Je sais que Bousemat se trouve près du lac « des abysses » dans une grotte. Il faut pour cela que vous traversiez de nombreux lieux. Je vous fournirai une carte sommaire afin de vous aider. Il faudra en outre traverser l’étang noir, le marais mouvant, la montagne infinie, le repère des centaures, la forêt des « bois hurlants ». Je ne connais pas grand-chose concernant les autres lieux que je vous ai cités mais méfiez vous de cette forêt. De nombreuses créatures maléfiques y vivent. Malgré tout, vous pourrez être aidés par certaines créatures comme les satyres,  les botrucs, des lutins en échange de certaines épluchures de fruits et de restes à manger.

-Des botrucs ? questionna Liberty le sourire aux lèvres. Qu’est ce que c’est ? C’est un nom rigolo.

-Ne vous fiez pas aux noms des créatures que vous rencontrerez, intervintla Reine. Ilest vrai que le botruc n’est pas trop dangereux à condition que vous ne touchiez pas à l’arbre dans lequel il vit.

-Que se passe t-il sinon ? s’informa Sauveur qui connaissait moins bien les créatures magiques et mythologiques que Liberty et Devil.

Devil le regarda droit dans les yeux et répliqua d’un ton grave.

- Le botruc est une sorte de petit être qui est fait d’écorce et de bois. Si jamais tu oses toucher à l’arbre dont il est propriétaire, il te crève les yeux de ses doigts pointus. Il est dit que seule une armée de cloportes peut calmer un botruc le temps qu’un magicien coupe dans l’arbre ce dont il a besoin pour fabriquer sa baguette magique.

- Ah oui quand même constata Sauveur. Pas très gentille la bêbête

-Vous rencontrerez pleins d’autres créatures repritla Reinecalmement. Méfiez vous de leurs apparences. Certains ou certaines vous sembleront agréables mais pourront vous piéger et faire que vous mourriez. D’autres au contraire vous sembleront inabordables et d’aspect repoussant avec une odeur de putréfaction avancée et pourtant pourront être d’une grande aide dans votre aventure. J’ai senti en vous touchant que Devil avait la passion des livres et des créatures fantastiques. Ses connaissances seront fortes utiles. Quant à toi Liberty, comme je te l’ai dit, tu es sincère, vertueuse, ton jugement pourra énormément t’aider. En cas de problème, Sauveur sera là pour vous aider. Il est fort et a un très grand sens pratique qui vous aidera pour fabriquer des choses. Un dernier conseil, continuala Reine.  Netouchez pas à n’importe quoi. Un objet peut appartenir à une créature. Et ce quelque soit cet objet. Veillez à demander auparavant si vous pouvez bien prendre le bien que vous souhaitez posséder. Ne soyez pas en terrain conquis. Respectez les êtres qui vivent en ces lieux, certains, j’en suis persuadée vous récompenseront, voir vous aideront pour récupérer le Libérus Salvus et par la suite retourner dans le monde « d’en haut ». J’ai certains alliés qui me connaissent. Vous pourrez utiliser mon prénom mais surtout ne mentionnez jamais le nom du livre que vous devez me ramener. Cela pourrait être catastrophique pour nos deux peuples.

-Ce que je ne comprends pas confia Liberty, c’est que vous m’avez dit que le grimoire que l’on doit vous ramener avait des feuilles blanches. A quoi cela sert-il de vous le ramener alors ?

-  Oui mais comme je te l’ai dit, expliqua Édeline, le futur sera marqué au fur et à mesure que vous entreprendrez des actions. Il se peut que ce que vous allez commencer remplissent les pages blanches et nous permettent de savoir comment battre Bousemat. A moins que vous ne le rencontriez en route et ne le supprimiez. Dans ce cas, nos sœurs noires redeviendraient blanches et beaucoup de créatures maléfiques disparaitraient ou deviendraient bonnes. Nos ennuis seraient alors terminés. N’oublies pas non plus qu’il y a la solution pour rentrer chez vous. Le livre vous servira donc autant qu’à nous. Vous serez obligés par contre de repasser dans notre clairière car  le grimoire sera écrit en langage de fées qui vous est inconnu. Je vous le traduirai quand vous reviendrez avec.

-Quelles promesses a-t-on qu’une fois le livre entre vos mains, vous nous le traduirez gronda Devil.

-Nous vous le promettons déclarala Reineen regardant  d’un air vindicatif le jeune homme. Nous tenons toujours nos promesses. Je vous l’ai dit haut et fort. Si je ne respecte pas notre accord, je mourrai. Telle est une des lois qui régissent notre monde.

-Qui me prouve que ce que vous dites est vrai, insista Devil en défiant Édeline.

-Liberty, je vais donner un des pouvoirs que nous avons car tu es saine par rapport à d’autres.

Elle regarda Devil plein de haine puis reprit :

- Tu vas pouvoir en touchant une personne savoir si cette dernière dit la vérité ou non. Touche moi. Si je dis la vérité, tu sentiras comme une sensation de chaleur t’envahir. Si je mens, tu éprouveras une sensation de froid. Ce sort est vraiment probant.

Liberty approcha sa main doucement du petit corps de la fée et la toucha en tâchant de ne pas lui faire de mal. Dès que son doigt effleura la petite créature, elle sentit une source chaude l’envahir. Cela lui donna immédiatement une sensation de bien-être.

-Elle dit la vérité dit la jeune fille.

-Attends je vais te raconter un mensonge et une vérité lâcha Devil sur que le sort que lui avait donné la fée n’était qu’illusion et pur mensonge. Dis moi quel est mon mensonge et quelle est la vérité. La première phrase est celle-ci : Je suis toujours sincère avec mes amis. La deuxième : Je ferai n’importe quoi pour mes proches.

-Hé !, intervint Sauveur, tu n’as dit que des vérités. C’était un piège. Même sans te toucher on peut le savoir.

Liberty toucha Devil et le regarda étonnée et déçue puis se retourna vers Sauveur et lui dit :

-Non, au contraire, il n’ y a que des mensonges. J’ai ressenti du froid pour les deux phrases.

Devil fit volte-face et sans rien répondre se mit de côté en évitant de croiser l’expression de ses camarades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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